SYSTÈME MUSCULAIRE
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pose sa loi aux centres nerveux secondaires et empêchel’anarchie dans l’action de ces agents subalternes. C'est,si l’on veut, le chef d’orchestre qui dirige les exécutants,mais dont la suppression, tout en amenant la cacophonie,ne réduirait pas au silence ses subordonnés. Ajoutonsaussi qu’iudépendamrnent de leur fonction modératrice,les ganglions cérébraux jouent encore un rôle particulieren actionnant directement les divers organes des sensdont la tête est le siège.
Système inuseniaSre. — 11 n’entre pas dans mon plande décrire ici l’assemblage compliqué des muscles de lafourmi. Ce serait une étude fort aride et qu’il est bon deréserver aux ouvrages purement anatomiques. 11 noussuffira de savoir que ces insectes, comme tous les ani-maux doués d’une organisation développée, possèdent unnombre assez considérable de faisceaux musculaires con-tractiles, agissant par leur rétraction ou leur extension,sur les diverses parties du corps pour leur communiquerles mouvements variés dont ils sont susceptibles. Chezles vertébrés, les muscles ont leurs points d’attache surcertaines régions correspondantes du squelette, mais chezles articulés dépourvus de charpente osseuse, c’est surdes saillies ou des dépressions internes de l’enveloppeclritineuse que les faisceaux moteurs prennent leurspoints d’appui, pour actionner les divers organes dans lesens déterminé par les besoins de la vie ou par la volontépropre de l’animal.
Les muscles des insectes ont une puissance bien supé-rieure à celle développée par ceux des vertébrés, et noussavons, d’après les expériences de Plateau, que l’énergiede leur système musculaire augmente en raison inversede la taille. C’est ainsi que la fourmi est capable de dé-placer ùn poids vingt ou trente fois supérieur à celui deson corps, tandis que le hanneton, par exemple, ne peutentraîner un fardeau dépassant quatorze fois son poids,bien que ce coléoptère soit encore proportionnellement