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Les fourmis / par Ernest André
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DISTINCTION DES SEXES

il

période larvaire, il nexiste aucune différence entre lesouvrières et les femelles, que les mêmes rudiments dailesse voient chez les larves des neutres et des sexuées, etque cest seulement dans le passage à létal de nymphe .que les ailes satrophient complètement chez les unes et jse développent ail contraire chez les autres. Je sais bien''que cet argument nest pas sans réplique, puisquon aconstaté bien souvent, même chez les embryons des ani-maux supérieurs, des traces dorganes qui ne sont queles témoins de fonctions ancestrales, disparues depuislongtemps. Par suite, les rudiments dailes des neutresde fourmis pourraient nêtre que les vestiges dun étatantérieur ayant donné naissance à la forme actuelle; maisla même objection se pose à légard des abeilles ou-vrières, et je ne vois pas, avec Lubbock , quil y ait lieu dechercher deux explications différentes pour un même fait.

Laissons toutefois cette question dorigine aux investi-gations des savants, qui arriveront peut-être à en trouverun jour la vraie solution, et bornons-nous à constaterque, dans toute fourmilière, on rencontre constamment,avec un nombre plus ou moins considérable de neutres,une ou plusieurs femelles fécondes, privées dailes, et àcertaines époques seulement, des mâles et des femellesailés. Ces trois catégories dindividus sont généralementassez faciles à distinguer, et voici les caractères princi-paux auxquels on pourra aisément, les reconnaître. Lesmâles sont constamment ailés 1 et cette circonstance seuleempêchera de les confondre avec les ouvrières et les fe-melles fécondes dont les ailes ont disparu. On les distin-guera sans peine des femelles vierges, ou ailées, par leurabdomen comptant sept segments au lieu de six, y com-pris le pétiole, par leur taille généralement moindre,leurs yeux et leurs ocelles plus saillants, leurs antennes

1. Je ne tiens pas compte dune espèce assez rare, VAnergales \atraluhis, dont le mâle est aptère, et qui na pas douvrières, parce .que cette seule exception à la règle générale ne peut linfirmer. j