DISTINCTION DES SEXES
il
période larvaire, il n’existe aucune différence entre lesouvrières et les femelles, que les mêmes rudiments d’ailesse voient chez les larves des neutres et des sexuées, etque c’est seulement dans le passage à l’étal de nymphe .que les ailes s’atrophient complètement chez les unes et jse développent ail contraire chez les autres. Je sais bien''que cet argument n’est pas sans réplique, puisqu’on aconstaté bien souvent, même chez les embryons des ani-maux supérieurs, des traces d’organes qui ne sont queles témoins de fonctions ancestrales, disparues depuislongtemps. Par suite, les rudiments d’ailes des neutresde fourmis pourraient n’être que les vestiges d’un étatantérieur ayant donné naissance à la forme actuelle; maisla même objection se pose à l’égard des abeilles ou-vrières, et je ne vois pas, avec Lubbock , qu’il y ait lieu dechercher deux explications différentes pour un même fait.
Laissons toutefois cette question d’origine aux investi-gations des savants, qui arriveront peut-être à en trouverun jour la vraie solution, et bornons-nous à constaterque, dans toute fourmilière, on rencontre constamment,avec un nombre plus ou moins considérable de neutres,une ou plusieurs femelles fécondes, privées d’ailes, et àcertaines époques seulement, des mâles et des femellesailés. Ces trois catégories d’individus sont généralementassez faciles à distinguer, et voici les caractères princi-paux auxquels on pourra aisément, les reconnaître. Lesmâles sont constamment ailés 1 et cette circonstance seuleempêchera de les confondre avec les ouvrières et les fe-melles fécondes dont les ailes ont disparu. On les distin-guera sans peine des femelles vierges, ou ailées, par leurabdomen comptant sept segments au lieu de six, y com-pris le pétiole, par leur taille généralement moindre,leurs yeux et leurs ocelles plus saillants, leurs antennes
1. Je ne tiens pas compte d’une espèce assez rare, VAnergales \atraluhis, dont le mâle est aptère, et qui n’a pas d’ouvrières, parce .que cette seule exception à la règle générale ne peut l’infirmer. j