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Les fourmis / par Ernest André
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LES FOURMIS

de lAsie, de la Malaisie et de l'Australie . Elle se faitune demeure en réunissant par leurs bords, au moyen defils de soie, un certain nombre de feuilles vivantes, de ma-nière à former un sac dans lequel elle niche en famillesnombreuses. Pour exécuter ce travail, il paraît que lesfeuilles sont dabord juxtaposées sous les efforts répétésdune grande quantité douvrières, tandis que dautressoccupent à les fixer solidement par une suture de toileblanche. Cette fourmi abonde dans nos possessions fran-çaises de Cochinchine , et elle habite de préférence, ma-t-on dit, les feuilles dune espèce de prunier à fleurs odo-riférantes, appelé par les indigènes Cay-Mai, arbre sacréauquel il était autrefois défendu de toucher sous peine demort. Cette défense natteignait probablement pas lesŒcophylla, qui doivent regretter lancien régime et lasécurité que leur procurait la peine terrible infligée àquiconque portait une main sacrilège sur leur domicileaérien.

Les épines creuses dune espèce dacacia du Nicaragua servent, daprès Belt, de logement à de nombreusesfamilles de Pseudomyrma, qui non seulement trouventainsi des cases toutes préparées, mais nont même pasbesoin de soccuper de leur nourriture, larbre quelleshabitent se chargeant de la leur fournir sous forme denectar distillé par des glandes spéciales situées à la basede chacune de ses folioles.

Quelques petites fourmis établissent leur domiciledans les galles végétales délaissées par leurs premierspropriétaires, comme nous avons déjà eu occasion de ledire. Dautres sinstallent dans les curieuses expansionsgalliformes quoffre la tige de certaines plantes èpi-phytes, telles que les Myrmecodia ( armata, echinata ) etl Hydnophyton formicarum, dont le nom seul indiqueleurs rapports avec les fourmis. On a cru pendant long-temps, sur la foi de Moseley et dautres observateurs, quele renflement tuberculeux, souvent énorme, que pré-