150
LES FOURMIS
de l’Asie, de la Malaisie et de l'Australie . Elle se faitune demeure en réunissant par leurs bords, au moyen defils de soie, un certain nombre de feuilles vivantes, de ma-nière à former un sac dans lequel elle niche en famillesnombreuses. Pour exécuter ce travail, il paraît que lesfeuilles sont d’abord juxtaposées sous les efforts répétésd’une grande quantité d’ouvrières, tandis que d’autress’occupent à les fixer solidement par une suture de toileblanche. Cette fourmi abonde dans nos possessions fran-çaises de Cochinchine , et elle habite de préférence, m’a-t-on dit, les feuilles d’une espèce de prunier à fleurs odo-riférantes, appelé par les indigènes Cay-Mai, arbre sacréauquel il était autrefois défendu de toucher sous peine demort. Cette défense n’atteignait probablement pas lesŒcophylla, qui doivent regretter l’ancien régime et lasécurité que leur procurait la peine terrible infligée àquiconque portait une main sacrilège sur leur domicileaérien.
Les épines creuses d’une espèce d’acacia du Nicaragua servent, d’après Belt, de logement à de nombreusesfamilles de Pseudomyrma, qui non seulement trouventainsi des cases toutes préparées, mais n’ont même pasbesoin de s’occuper de leur nourriture, l’arbre qu’elleshabitent se chargeant de la leur fournir sous forme denectar distillé par des glandes spéciales situées à la basede chacune de ses folioles.
Quelques petites fourmis établissent leur domiciledans les galles végétales délaissées par leurs premierspropriétaires, comme nous avons déjà eu occasion de ledire. D’autres s’installent dans les curieuses expansionsgalliformes qu’offre la tige de certaines plantes èpi-phytes, telles que les Myrmecodia ( armata, echinata ) etl’ Hydnophyton formicarum, dont le nom seul indiqueleurs rapports avec les fourmis. On a cru pendant long-temps, sur la foi de Moseley et d’autres observateurs, quele renflement tuberculeux, souvent énorme, que pré-