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Les fourmis / par Ernest André
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LES FOURMIS

Java, M. Treub, entreprit, par des expériences sérieuseset répétées, d’élucider la cjuestion du prétendu mutua-lisme des fourmis et de la Myrmecodia. Faisant porterses recherches sur la Myrmecodia echinata commune enMalaisie , il reconnut bientôt que la présence des fourmisn’est nullement indispensable à la plante pour se déve-lopper, et que ces insectes ne jouent vis à vis d’elle quele rôle de locataires inoffensifs, en s’installant dans lescavités naturelles de sa tige tuberculeuse, admirable-ment disposée d’ailleurs pour leur offrir tout le con-fortable nécessaire. C’est la nature seule qui fait lesfrais des chambres et des galeries, que les fourmis n’ontplus qu’à occuper, sans être obligées de les creuser elles-mêmes au risque de nuire à la vitalité du végétal.M. Treub a reconnu, en effet, que les diverses cavitésprésentées par la masse tuberculeuse de la Myrmeco-dia, se forment successivement par la dessiccation etla résorption des cellules du parenchyme, et que leursparois ainsi que l’enveloppe externe sont composéesde cellules subérifiées, c’est-à-dire transformées en véri-table liège.

Plusieurs espèces de fourmis paraissent habiter cesnids singuliers, mais il est probable qu’elles doiventavoir à l’ordinaire un autre mode de nidification, et qu’ense logeant dans les tubercules de Myrmecodia, ellessuivent l’exemple de beaucoup de nos fourmis d’Europe qui savent aussi, à l’occasion, profiter d’un ancien nidou de certaines cavités naturelles, en s’évitant ainsi untravail de construction devenu inutile. Cette questionserait résolue si nous connaissions les espèces fréquen-tant les tubercules de Myrmecodia, mais M. Treub, quin’est pas entomologiste, parle seulement de fourmisrouges et de fourmis noires, et il ne m’a pas été pos-sible jusqu’à ce jour de me procurer quelques indi-vidus appartenant, d’une façon certaine, à ces commu-nautés parasites.