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I,ES FOURMIS
des sculpteurs passés maîtres en leur art; mais ce sontaussi des ménagères soigneuses, des nourrices vigilantes,des servantes dévouées, et pour nous en convaincre ilfaut pénétrer dans leur intérieur et essayer de souleverle voile de leur vie privée. Malheureusement il ne nousest guère possible de plonger nos regards dans leursretraites obscures, et bien des secrets nous resteraientcachés à tout jamais, si nous ne prenions le parti de leurconstruire des nids artificiels qui les forcent à se livrersous nos yeux à leurs occupations domestiques.
L’appareil le plus simple et le plus pratique consisteen un châssis de bois hermétiquement fermé par deuxfeuilles de verre laissant entre elles un intervalle d'unà trois centimètres, selon la taille des fourmis à y intro-duire. Si la cage a trop peu d épaisseur, les captives sontgênées et s’organisent difficilement; si elles ont, au con-traire, trop d’espace, elles en profitent pour couvrir lesfaces vitrées d’un écran de terre et se mettre à l’abri desregards indiscrets, ce qui ne fait pas l’affaire de l’obser-vateur. Un intervalle justement calculé les oblige à seservir du verre lui-même comme paroi à la plupart deleurs cases, et on peut alors les voir travailler assez faci-lement. L’un des côtés du châssis doit pouvoir s’ouvrir,pour permettre de remplir.et de vider l’appareil, et cemême côté doit porter une petite ouverture pour l’entréeet la sortie des fourmis. Si l’on veut tenir ses captivescomplètement enfermées, ce qui est désavantageux àdifférents points de vue, il faut adapter à cette petite ou-verture un tube de verre ou de fer-blanc, débouchantdans une cage en toile métallique, destinée à recevoir lesprovisions de bouche nécessaires, telles que sucre, miel,petits insectes, etc.
Quand on dispose d’un peu de place, il est préférablede poser simplement l’appareil vitré sur un plateau deplus grande dimension ou sur une table quelconque,mais en ayant soin d’établir autour du support une goût-