FOURMIS CHASSERESSES
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ou la défense du terriloire, la sauvegarde de la maisonou de la famille. Il nous reste à parler maintenant desexpéditions qui ont pour but la chasse ou le pillage, soitqu’elles aient lieu au préjudice d’autres communautésde fourmis, soit qu’elles s’exercent à la façon d’unebattue générale, dans laquelle tout gibier est poursuivi,tout ce qui marche, rampe ou saute a à compter avec ladent meurtrière et les appétits insatiables de ces féroceschasseurs, dont le nombre multiplie la puissance jusqu’àla rendre irrésistible même à l’égard de l’homme.
Les principales expéditions dirigées contre une four-milière sont surtout l’œuvre des fourmis esclavagistes, etje n’en parlerai pas ici, me réservant de traiter cettequestion avec détails dans le chapitre suivant. Je neconsidérerai pour le moment que les véritables fourmischasseresses, et, bien que plusieurs de nos espèces euro-péennes puissent me fournir quelques exemples affaiblisde ces razzias compliquées de maraudage, je préfèremetlre en scène les fourmis exotiques, dont les battuess’opèrent sur une bien plus vaste échelle et nous offri-ront plus d’intérêt. En voyant à l'œuvre ces terriblesdétrousseurs de grand chemin, nous pourrons nousreprésenter l’importance exceptionnelle qu’acquièrent,dans les pays chauds, leurs légions puissantes et innom-brables.
Les plus connues et les plus redoutables des fourmisde proie sont les Ecilon, répandus au Brésil , à la Guyane et dans foute l’Amérique centrale. Leur histoire, encore.fort obscure, a besoin d’être complétée par de nouvelleset nombreuses observations, puisqu’on ne connaît mêmepas leurs mâles et leurs femelles ; mais leur renomméea devancé les études des naturalistes, et il n’est pas unAméricain, du Mexique au Brésil , à qui ces fourmis nesoient familières. La preuve de leur célébrité peut êtretirée du nombre considérable de sobriquets populaires dontelles sont en possession. Au Brésil et à la Guyane ce sont