LES FOURMIS
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comme elle des tertres de brindilles, en les plaçant lelong des haies et sur le bord des chemins. Ses congé-nères, les Formica truncicola et exsecta, moins répandueset partant moins connues, semblent aussi suivre sestraces. Enfin, une petite fourmi noire, très communedans les prairies, le Tapinoma erraticum, a fait égalementses premières tentatives de capture sur le minuscule Bo-thriomyrmex meridionalis.
Une règle invariable qu’il convient d'énoncer, c’estque, dans toute fourmilière mixte, maîtres et serviteursappartiennent toujours à la même division systématiqueet que jamais, par exemple, une fourmi dont le pétioleest composé d’un seul article, ne prendra ses esclaveschez celles qui ont le pétiole de deux articles, et récipro-quement.
Chez les fourmis à pétiole uniarticulé, ou Formicides ,deux espèces paraissent plus spécialement destinées àl’esclavage et jouent vis-à-vis des autres le rôle de la racenègre dans l’humanité. Ces fourmis prédestinées à la ser-vitude sont les Formica fuxca et rufibarbk, toutes deuxabondamment répandues eu Europe et même dans l’Amé rique du Nord .
Ce sont ces deux espèces qui sont parfois asservies parles Formica pratensis, truncicola ou exsecta. Le cas estfort rare, car, je le répète, les mœurs esclavagistes com-mencent à peine à poindre dans ces dernières sociétésqui sont encore, en majeure partie, sans mélange d’élé-ments étrangers, et ont conservé pures les saines habi-tudes d’activité et de travail personnel transmises parleurs ancêtres.
Formica sanguine». — Voici une fourmi apparte-nant au môme genre, la fourmi sanguine (F. sangui-nea), chez laquelle l’instinct esclavagiste s’est notable-ment accentué, sans influer encore cependant sur sonintelligence restée brillante entre toutes, non plus quesur son industrie qu’elle a su conserver dans sa perfec-