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J,ES FOURMIS
leur nid des espèces de courriers. Ces fourmis arrivanten hâte jettent l’alarme dans la fourmilière mixte, etaussitôt un nouvel essaim part et marche à l’armée. Lessanguines ne se pressent point encore de chercher lecombat; elles n’alarment les noir-cendrées que par leurseule présence; celles-ci occupent un espace de deuxpieds carrés au devant de la fourmilière; la plus grandepartie de la nation est sortie pour attendre l’ennemi.
« Tout autour du camp on commence à voir de fré-quentes escarmouches, et ce sont toujours les assiégéesqui attaquent les assiégeantes. Le nombre des noir-cen-drées, assez considérable, annonce une vigoureuse résis-tance; mais elles se délient de leurs forces, songentd'avance au salut des petits qui leur sont confiés, et nousmontrent en cela un des plus singuliers traits de pru-dence dont l'histoire des insectes nous fournisse l’exemple.
« Longtemps avant que le succès puisse être douteux,elles apportent leurs nymphes au dehors de leurs souter-rains, et les amoncellent à l’entrée du nid, du côtéopposé à celui d’où viennent les fourmis sanguines, afinde pouvoir les emporter plus aisément si le sort desarmes leur est contraire. Leurs jeunes femelles prennentla fuite du même côté; le danger approche; les san-guines se trouvant en force se jettent au milieu des noir-cendrées, les al laquent sur tous les points, et parviennentjusque sur le dôme de leur cité. Les noir-cendrées, aprèsune vive résistance, renoncent à la défendre, s’emparentdes nymphes qu’elles avaient rassemblées hors de lafourmilière, et les emportent au loin. Les sanguines lespoursuivent et cherchent à leur ravir leur trésor. Toutesles noires sont en fuite; cependant on en voit quelques-unes se jeter avec un véritable dévouement au milieu desennemis, et pénétrer dans les souterrains dont elles sous-traient encore au pillage quelques larves qu’elles em-portent à la hâte.
« Les fourmis sanguines pénètrent dans l’intérieur,