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Les fourmis / par Ernest André
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LES KOURMIS

Pour nous rendre compte dun de ces chauds engage-ments, écoutons encore Huber :

« Les amazones étaient déjà rassemblées sur le nidet prêtes à partir. Elles se mirent en route et se répan-dirent comme un torrent le long dun fossé profond.Elles marchaient plus serrées quà lordinaire et avecune rapidité étonnante. Elles arrivèrent bientôt à l'entréedu nid quelles se proposaient dattaquer; cétait unefourmilière mineuse. Dès que les légionnaires com-mencèrent à sintroduire dans la cité souterraine, il ensortit une foule de mineuses, dont les unes les assail-lirent avec furie, tandis que les autres passèrent aumilieu delles, emportant à leur bouche leurs larves etleurs nymphes. La surface du nid fut quelque temps lethéâtre de la mêlée; les légionnaires étaient souventdépouillées des nymphes quelles emportaient, les mi-neuses les leur arrachaient, sélancaient sur elles, lescombattaient corps à corps, et leur disputaient le terrainavec un acharnement dont je 11avais pas encore vudexemple.

« Néanmoins, larmée amazone, qui avait pénétréavec tant dimpétuosité dans la fourmilière, se remit enmarche en bon ordre, toute chargée des nymphes et deslarves quelle avait enlevées; mais au lieu daller àla file, elle se tenait serrée, et ne formait quuneseule légion : précaution dautant, plus nécessaire que lesinsectes courageux chez lesquels elle avait fait cetteexcursion se mirent à sa poursuite et la harcelèrent jus-quà dix pas de la fourmilière mixte.

« Pendant ces combats, la fourmilière pillée offrait eupetit le spectacle dune ville assiégée; des centaines demineuses séloignaient de leur patrie, emportant çà etles nymphes, les larves et les jeunes femelles quellesvoulaient soustraire au pillage ou à la fureur de leursennemies. La plupart grimpaient sur les plantes environ-nantes, avec leurs larves entre leurs dents ; dautres les