VITESSE DU LA MARCHE
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suivre sans se tromper jusqu’à la fourmilière. Mais elleu’en avertissait pas ses compagnes, qui parfois trouvaientaussi leur chemin par hasard, ou continuaient à errer entous sens. Quelques-unes de ces dernières s’égarèrentcomplètement, en suivant une fausse direction à unegrande distance de leur nid, et ne purent rentrer chezelles.
La mise eu défaut de la faculté d’orientation chez lesfourmis chargées n'est pas particulière aux Polyergus;d’autres espèces ont aussi plus ou moins de peine à sediriger, quand elles portent un objet dans leurs mandi-bules; mais dès qu’elles hésitent sur le chemin à pren-dre, on les voit alors déposer leur fardeau, aller recon-naître les lieux, puis le reprendre pour continuer leurroute. Jamais, d’après Forel, les amazones n’agissentainsi, et il paraît en être de même des Tapinoma etd’autres fourmis douées d’un odorat très développé.
11 est intéressant de calculer la vitesse d’une arméeen marche, mais il faut tenir compte de plusieurs élé-ments susceptibles de la modifier dans une notable pro-portion. La chaleur, en donnant plus d’activité auxamazones, augmente la rapidité de leur allure ; le froid,au contraire, la diminue. La nature du terrain uni ouaccidenté, nu ou gazounô, a naturellement une grandeinfluence, en permettant une marche régulière et sanstemps d’arrêt, ou en retardant considérablement les guer-rières par suite des obstacles qu’il faut franchir ou con-tourner. Gomme nous, les fourmis avancent plus vitedans les descentes que dans les montées, et si l’on veutavoir la mesure de leur allure normale, c’est sur un solplat qu’il faut l’observer. Si elles ne portent rien, elleshâtent le pas; si elles sont chargées, elles le ralentissent.
En ne négligeant aucune de ces données, et en faisantaussi la part de certaines circonstances spéciales pouvantinfluencer les résultats, le l) r Forel admet qu’une armée,marchant à toute vitesse sur un terrain plat et décou-