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Les fourmis / par Ernest André
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VITESSE DU LA MARCHE

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suivre sans se tromper jusquà la fourmilière. Mais elleuen avertissait pas ses compagnes, qui parfois trouvaientaussi leur chemin par hasard, ou continuaient à errer entous sens. Quelques-unes de ces dernières ségarèrentcomplètement, en suivant une fausse direction à unegrande distance de leur nid, et ne purent rentrer chezelles.

La mise eu défaut de la faculté dorientation chez lesfourmis chargées n'est pas particulière aux Polyergus;dautres espèces ont aussi plus ou moins de peine à sediriger, quand elles portent un objet dans leurs mandi-bules; mais dès quelles hésitent sur le chemin à pren-dre, on les voit alors déposer leur fardeau, aller recon-naître les lieux, puis le reprendre pour continuer leurroute. Jamais, daprès Forel, les amazones nagissentainsi, et il paraît en être de même des Tapinoma etdautres fourmis douées dun odorat très développé.

11 est intéressant de calculer la vitesse dune arméeen marche, mais il faut tenir compte de plusieurs élé-ments susceptibles de la modifier dans une notable pro-portion. La chaleur, en donnant plus dactivité auxamazones, augmente la rapidité de leur allure ; le froid,au contraire, la diminue. La nature du terrain uni ouaccidenté, nu ou gazounô, a naturellement une grandeinfluence, en permettant une marche régulière et sanstemps darrêt, ou en retardant considérablement les guer-rières par suite des obstacles quil faut franchir ou con-tourner. Gomme nous, les fourmis avancent plus vitedans les descentes que dans les montées, et si lon veutavoir la mesure de leur allure normale, cest sur un solplat quil faut lobserver. Si elles ne portent rien, elleshâtent le pas; si elles sont chargées, elles le ralentissent.

En ne négligeant aucune de ces données, et en faisantaussi la part de certaines circonstances spéciales pouvantinfluencer les résultats, le l) r Forel admet quune armée,marchant à toute vitesse sur un terrain plat et décou-