SERVICES RECIPROQUES
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sont trouvées à la surface. Or, récemment, dans un vaseoù j’avais mis des racines de marguerite, toutes garniesde pucerons, je fus étonné de voir, un beau matin,une trentaine d’ailés. Avec les pucerons j’avais introduitdans le. vase une cinquantaine de fourmis, et ces tra-vailleuses s’étaient mises à l’œuvre et avaient criblé laterre de nombreuses ouvertures. Ces ouvertures com-muniquaient toutes aux points des racines où se trou-vaient les pucerons, et chaque fois qu’une nympheprenait des ailes, elle trouvait une issue toute prêtepour s’échapper et s’envoler dans les airs. Ici les four-mis n’arrachaient plus les ailes. Ces fourmis protec-trices me paraissent appartenir au genre Lasius et à l’es-pèce fuliginosus. »
En faisant la part de l’intérêt personnel que peuventavoir les fourmis dans le percement des galeries souter-raines dont profitent les pucerons, le fait ci-dessus signalén’en est pas moins très remarquable, si l’on porte sonattention sur la différence de traitement subi par lesaphidiens dans les deux cas. Pour ceux capables defournir à leurs protectrices la liqueur sucrée qu’ellesrecherchent, on les constitue prisonniers, en leur arra-chant les ailes afin de prévenir toute tentative d’évasionet de s’assurer leurs services. Mais, quand il s’agit desiudividus reproducteurs, destinés à fonder de nouvellescolonies, et qui ont besoin, pour remplir leur missionpropagatrice, de revenir à l'air libre et de «déposer surles arbres le germe de futures générations, les fourmisse gardent bien de les retenir, mais leur facilitent, aucontraire, les moyens d’accomplir leur tâche, afin de seménager pour l’avenir une facile recrue d’animaux do-mestiques.
D’après une communication de M. Nottebohm, de Carls-ruhe, rapportée par Büchner, et dont la sincérité paraîtincontestable, l’importation du bétail ne serait pas étran-gère aux fourmis, et elles sauraient fort bien, à l’occa-