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Les fourmis / par Ernest André
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SERVICES RECIPROQUES

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sont trouvées à la surface. Or, récemment, dans un vase javais mis des racines de marguerite, toutes garniesde pucerons, je fus étonné de voir, un beau matin,une trentaine dailés. Avec les pucerons javais introduitdans le. vase une cinquantaine de fourmis, et ces tra-vailleuses sétaient mises à lœuvre et avaient criblé laterre de nombreuses ouvertures. Ces ouvertures com-muniquaient toutes aux points des racines se trou-vaient les pucerons, et chaque fois quune nympheprenait des ailes, elle trouvait une issue toute prêtepour séchapper et senvoler dans les airs. Ici les four-mis narrachaient plus les ailes. Ces fourmis protec-trices me paraissent appartenir au genre Lasius et à les-pèce fuliginosus. »

En faisant la part de lintérêt personnel que peuventavoir les fourmis dans le percement des galeries souter-raines dont profitent les pucerons, le fait ci-dessus signalénen est pas moins très remarquable, si lon porte sonattention sur la différence de traitement subi par lesaphidiens dans les deux cas. Pour ceux capables defournir à leurs protectrices la liqueur sucrée quellesrecherchent, on les constitue prisonniers, en leur arra-chant les ailes afin de prévenir toute tentative dévasionet de sassurer leurs services. Mais, quand il sagit desiudividus reproducteurs, destinés à fonder de nouvellescolonies, et qui ont besoin, pour remplir leur missionpropagatrice, de revenir à l'air libre et de «déposer surles arbres le germe de futures générations, les fourmisse gardent bien de les retenir, mais leur facilitent, aucontraire, les moyens daccomplir leur tâche, afin de seménager pour lavenir une facile recrue danimaux do-mestiques.

Daprès une communication de M. Nottebohm, de Carls-ruhe, rapportée par Büchner, et dont la sincérité paraîtincontestable, limportation du bétail ne serait pas étran-gère aux fourmis, et elles sauraient fort bien, à locca-