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LES FOURMIS
heureuses bêtes paraissent être impuissantes à réagir.Leur bouche et leurs antennes surtout peuvent être litté-ralement couvertes de ces mites, et, comme si elles avaientconscience de l’inutilité de leurs efforts, elles n’essayenlmême pas de faire lâcher prise à ces suceurs impitoya-bles, qui les épuisent et échappent par leur petitesseà la juste vengeance de leurs victimes.
Que les fourmis soient incapables de se débarrasserelles-mêmes de cette engeance meurtrière, on ue peuts’en étonner; mais on comprend moins comment cesinsectes, habitués à se rendre des services réciproques,à se lécher et à se nettoyer l’un l’autre, ne cherchent pasà s’entr’aider mutuellement et à se liguer contre ces pa-rasites qu’ils auraient bientôt exterminés, s’ils voulaients’en donner la peine. La résignation dont les fourmisfont preuve individuellement s’accompagne, dans cettecirconstance, d’une grande indifférence à l’égard de leursamies, qu’elles laissent mourir sans secours, quand illeur serait si facile de les tirer d’embarras. Il est pro-bable que la raison de cette incurie vient de l’innocuitéordinaire des acariens à l’état normal, d'où il suit queles fourmis, habituées à les supporter sans inconvénient,ne savent pas modifier leur conduite quand, dans un casfortuit, la multiplication de ces suceurs les expose à undanger qu’elles n’ont pas prévu.
Mac Cook raconte que les nids artificiels de fourmisà miel (Myrmecocystus melliger) qu’il avait établi chez luipour compléter leur étude ont été envahis par une véri-table épidémie de parasites. Ses pensionnaires tombaientune à une, sans que les survivantes eussent la force oula volonté d’emporter au cimetière les cadavres de leurscompagnes, et en peu de jours l’impitoyable fléau dé-truisit, à son grand regret, le peuple laborieux dont ilsuivait la conduite avec un si grand intérêt.
11 est probable que les acariens des fourmilières sontde différentes sortes, et que la même espèce ne s’attaque