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Les fourmis / par Ernest André
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LES FOURMIS

heureuses bêtes paraissent être impuissantes à réagir.Leur bouche et leurs antennes surtout peuvent être litté-ralement couvertes de ces mites, et, comme si elles avaientconscience de linutilité de leurs efforts, elles nessayenlmême pas de faire lâcher prise à ces suceurs impitoya-bles, qui les épuisent et échappent par leur petitesseà la juste vengeance de leurs victimes.

Que les fourmis soient incapables de se débarrasserelles-mêmes de cette engeance meurtrière, on ue peutsen étonner; mais on comprend moins comment cesinsectes, habitués à se rendre des services réciproques,à se lécher et à se nettoyer lun lautre, ne cherchent pasà sentraider mutuellement et à se liguer contre ces pa-rasites quils auraient bientôt exterminés, sils voulaientsen donner la peine. La résignation dont les fourmisfont preuve individuellement saccompagne, dans cettecirconstance, dune grande indifférence à légard de leursamies, quelles laissent mourir sans secours, quand illeur serait si facile de les tirer dembarras. Il est pro-bable que la raison de cette incurie vient de linnocuitéordinaire des acariens à létat normal, d' il suit queles fourmis, habituées à les supporter sans inconvénient,ne savent pas modifier leur conduite quand, dans un casfortuit, la multiplication de ces suceurs les expose à undanger quelles nont pas prévu.

Mac Cook raconte que les nids artificiels de fourmisà miel (Myrmecocystus melliger) quil avait établi chez luipour compléter leur étude ont été envahis par une véri-table épidémie de parasites. Ses pensionnaires tombaientune à une, sans que les survivantes eussent la force oula volonté demporter au cimetière les cadavres de leurscompagnes, et en peu de jours limpitoyable fléau dé-truisit, à son grand regret, le peuple laborieux dont ilsuivait la conduite avec un si grand intérêt.

11 est probable que les acariens des fourmilières sontde différentes sortes, et que la même espèce ne sattaque