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LES FOURMIS
dans leur alimentation. Nous devons croire que lesfourmis ont de bonnes raisons pour se maintenir dansleur choix exclusif; mais leurs secrètes pensées étantimpénétrables pour nous, il faut nous résigner à attendredu hasard la révélation du mot de l’énigme.
En dehors de leurs remarquables dispositions pourl’agriculture, les Pogonomyrmex barbatus ne sont quedes fourmis glaneuses et ne savent pas, comme lesAphœnogaster et autres, moissonner l’épi et le rap-porter à la maison pour en extraire le contenu. Ils secontentent de rechercher les graines tombées à terreaprès leur maturité, et l’étendue de leurs possessionsterritoriales leur permet de se contenter de ce modesommaire d’approvisionnement.
Au milieu du disque dénudé ou cultivé qui marquela place de toute fourmilière se trouve l’entrée desappartements intérieurs. Cette ouverture, le plus souventunique, rarement double ou triple, est située tantôt au ni-veau du sol, tantôt au sommet d’un cône évasé en formede cratère, ou au milieu d’un monticule plus ou moinsdéprimé. A trente ou trente-cinq centimètres de pro-fondeur se voient les greniers destinés à renfermer lesprovisions de semences. Celles-ci sont empilées lesunes sur les autres et atteignent presque la hauteur desvoûtes. Des corridors étroits sont ménagés tout autour,contre les murailles, pour la libre circulation desfourmis. Dans l’une des fourmilières ouvertes par MacCook, un grand nombre de magasins renfermaient desgraines enduites d’une matière visqueuse qui les faisaitadhérer au plancher et leur donnait un aspect luisant.Était-ce une altération provenant d’un fait accidentel?c’est ce que l’éminent naturaliste n’a pu décider.
Contrairement à la méthode employée par les Aphœno-gaster, le Pogonomyrmex barbatus ne fait pas germer sesgraines avant de s’en nourrir, et jamais ses nids ne ren-ferment de semences altérées ou privées de radicule. Sa