PERCEMENT DES TUNNELS
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terrains elles ne connaissent d’autres obstacles que ceuxque peut leur opposer la nature rocheuse du sous-sol,leurs dents étant impuissantes à s’attaquer à la pierredure et l’usage de la poudre de mine leur étant encoreinconnu. L’un de ces tunnels, que Mac Cook put suivredans tout son parcours, n’avait pas moins de deux centvingt-cinq mètres de long, et venait aboutir entre lesracines d'un arbre planté au milieu de la cour d’unemaison, à Austin, maison récemment mise au pillage parlès Atta.
Sans avoir étudié la géométrie, les fourmis connaissentparfaitement les avantages de la ligne droite, et ellesn’ont garde d’oublier ses précieuses propriétés quandelles dirigent leurs mines vers un but déterminé. Ellesn’ignorent pas que les sinuosités du couloir augmente-raient notablement la longueur de leur tâche, et, par unesage économie de temps et de peines, elles évitent avecsoin tout travail inutile. Il faut une raison majeure, telleque l’existence d’un obstacle infranchissable, pour lesdécider à se départir de la ligne mathématique qu’ellesont tracée sur leur plan idéal. Si les fourmis pouvaientnous faire connaître le procédé qu’elles emploient pourdiriger ainsi leurs mines souterraines, sans boussole etsans sondages préalables, elles rendraient peut-être ser-vice à nos ingénieurs qui, ce me semble, seraient fortembarrassés en pareille circonstance.
Toujours dans le même dessein d’économiser leurtemps et leur travail, les architectes greffent parfois, surle parcours d’un tunnel existant, un ou plusieurs em-branchements, pour atteindre un verger à exploiter ouun dépôt de manioc à visiter.
Les fourmis coupeuses fuient les ardeurs du soleil, etpendant les heures chaudes du jour elles se retireutdans leurs souterrains, dont elles barricadent les entrées,de sorte que leur nid prend alors l’apparence d’une four-Viilière abandonnée. Mais sur le soir un grand mouve-