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Les fourmis / par Ernest André
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LES FOURMIS

des gâteaux ou rayons pourvus de cellules hexagonalesavant de l’analogie avec celles construites par les abeilleset les guêpes, mais d’une régularité beaucoup moindre.Le diamètre de ces cellules varie de trois à douze milli-mètres, les plus petites étant les plus nombreuses. Ellessont, en général, habitées par les nourrices qui s’vlivrent à l’éducation des jeunes larves, mais peut-êtrerépondent elles encore à d’autres besoins que l'avenirrévélera.

Le régime alimentaire des Atta parait être en grandeparüe végétal. Les matières féculentes surtout semblentavou leurs sympathies, si l’on en juge par les expéditionslointaines qu’elles entreprennent, soit à l’air libre, soitau moyen de canaux de communication, pour piller lesgrenieis à blé ou les provisions de farine de manioc con-servées dans les habitations. Ces visites domiciliaires, fortdésagréables pour ceux qui en sont victimes, ont valu àces insectes les noms de fourmis de visite, fourmis dumanioc, et ont contribué à leur donner, parmi les natu-rels ou les colons, la célébrité dont ils jouissent depuislongtemps.

Les invasions, assez fréquemment renouvelées, aux-quelles se livrent les Atta, ont toujours lieu la nuit, par-fois même à l’insu du propriétaire, qui, h son réveil,trouve ses provisions saccagées et ses greniers vides. Lesmaraudeuses s’attaquent à la plupart des substances ali-mentaires, s’introduisent dans les armoires et même dansles tiroirs des meubles, pour en piller le contenu. Indé-pendamment des grains et des farines, elles s’approprientles conserves végétales, le sucre et jusqu’au tabac. Onn’aurait jamais pensé que cette plante vénéneuse fût ap-préciée des fourmis, si un habitant d’Àustin n’eût affirméà Mac Cook qu'il avait dû prendre les plus grandes pré-cautions pour empêcher les Saüba de s’emparer de soutabac à chiquer. Je ne cherche pas à deviner l’usage queles Atta peuvent faire de ce poison si recherché des mor-