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Tome II.
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233 ORAISON FUNÈBRE

qui, sans avilir son titre, sait humilier sa personne.Vous l'avez vu, messieurs , modeste dans son éléva-tion et grand dans sa vie privée, simple comme l'unde nous, renoncer à la pompe consacrée à son rang,sans renoncer a sa dignité ; vous l'avez vu , dédai-gnant cette grandeur apparente dont personne nestsi jaloux que ceux qui nen ont point de réelle, negarder des honneurs dus à sa naissance que ce qu'ilsavoient pour lui de pénible , ou ce quil 11'enpouvoitnégliger sans soffenser soi-méme. Prosterné chaquejour au pied de la croix, la touchante image d'unDieu souffrant, plus présente encore a son cœur qu'àses yeux, ne lui laissoit point oublier que cest enson seul amour que consistent les richesses , la gloireet la justice (*) ] et il nignoroit pas non plus, malgrétant de vains discours, que, si celui qui sait soutenirles grandeurs en est digne, celui qui sait les mépri-ser est au dessus d'elles. Hommes vulgaires, qu'unéclat frivole éblouit, même quand vous affectez dele dédaigner, lisez une fois dans vos âmes, et apprenez à admirer ce que nul de vous 11 est capable defaire

Il étoit bienfaisant, je lai déjà dit, et qui pourroitlignorer ? Qu'il me soit permis d'y revenir encore :je ne puis quitter un objet si doux. Un homme bien-faisant est l'honneur de l'humanité, la véritableimage de Dieu , l'imitateur de la plus active de tou-tes ses vertus 5 et lon ne peut douter qu'il ne reçoiveun jour le prix du bien qu'il aura fait, et même decelui qu'il aura voulu faire ; ni que le père des lui-