DU DUC D’ORLÉANS. a/Ji
Mais à quoi sert d’entrer ici dans tous cfes détails ?Ne nous suffit-il pas de savoir qu’il avoit, a ce hautdegré, une seule de ces vertus, pour être assurésqu’il les avoit toutes? Les'vertus chrétiennes sontindivisibles comme le principe qui les produit. Lafoi, la charité, l’espérance, quand elles sont assezparfaites, s’excitent, se soutiennent mutuellement 5tout devient facile aux grandes âmes avec la volontéde tout faire pour plaire à Dieu 5 et les rigueursmêmes de la pénitence n’ont presque plus rien depénible pour ceux qui savent en sentir la nécessitéet en considérer le prix. Entreprendrai-je , mes-sieurs , de vous décrire les austérités qu’il exerçoitsur lui-même ? N’effrayons pas à ce point la mollessede notre siècle. Ne rebutons pas les âmes pénitentesqui, avec beaucoup plus d’offenses a réparer, sontincapables de supporter de si rudes travaux. Lessiens étoient trop au-dessus des forces ordinairespour oser les proposer poyr modèles. Eh ! peu s’enfaut, mon Dieu , que je n’aie à justifier leur excèsdevant ce monde efféminé, si peu fait pour juger dela douceur de votre joug. Combien de témérairesoseront lui reprocher d’avoir abrégé ses jours à forcede mortifications et de jeunes , qui ne rougissentpoint d’abréger les leurs dans les plus honteux excès !Laissons-les, au sein de leurs égarements, pronon-cer avec orgueil les maximes de leur prétenduesagesse j et cependant le jour viendra où chacunrecevra le salaire de ses œuvres. Contentons-nousde dire ici que ce grand et vertueux prince mortifiasa chair comme saint Paul, sans avoir à pleurer,