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LETTRE
crie , il s’agite ; il commence à comprendre qu’ilfaut quelquefois prendre interet à la maison qu’onhabite, quoiqu’elle ne nous appartienne pas.
11 me semble qu’en traitant les caractères en ques-tion sur cette idée, chacun des deux eût été plusvrai, plus théâtral, et que celui d’Alceste eût faitincomparablement plus d’effet : mais le parterrealors n’auroit pu rire qu’aux dépens de l’homme dumonde ; et l’intention de l’auteur étoit qu’on rit auxdépens du misanthrope (a).
Dans la meme vue, il lui fait tenir quelquefoisdes propos d’humeur d’un goût tout contraire a celui
(a) Je ne doute point que , sur l’idée que je viens de propo-ser , un homme de géoie ne pût Lire un nouveau Misanthrope,non moins vrai, non moins naturel que l’Athénien, égal enmérite à celui de Molière , et sans comparaison plus instruc-tif. Je ue vois qu’un inconvénient A cette nouvelle pièce , c’estqu’il seroit impossible qu’elle réussît* *, car, quoi qu’on dise,en choses qui déshonorent, nul ne rit de bon cœur à ses dé-pens. Nous voilé rentrés dans mes principes *.
* C’est précisément cette idée de Rousseau sur un nouveaumisanthrope i mettre en scène qu’a voulu réaliser Fabre d’Eglan-tine, dans la pièce intitulée Philinte, ou la Suite du Misanthrope.Il y a suivi de point en point toutes scs indications, et l’onpeut dire que les scènes les plus remarquables de cette comédieappartiennentànotre auteur. D’ailleurs l’assertion deRousscausur l’impossibilité de réussir dans la pièce dont il avoit ainsitracé le plan, a été tout-à*fait démentie par l’événement; carle Philinte de Fabre, malgré ses nombreux défauts, a eu untrès-grand succès, et est resté au théâtre. (Note de M. Petitain,)