A M. D’ALEMBERT.
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eussent aussi fait leur rôle. Chez les Grecs,peuple d’ailleurs assez badin, tout étoit grave etsérieux sitôt qu’il s’agissoit de la patrie ; mais,dans ce siècle plaisant, où rien n’échappe au ridi-cule, hormis la puissance , on n’ose parler d’hé-roïsme que dans les grands états, quoiqu’on n’entrouve que dans les petits.
Quant à la comédie , il n’y faut pas songer : ellecauseroit chez nous les plus affreux désordres ; elleserviroit d’instrument aux factions, aux partis , auxvengeances particulières. Notre ville est si petite,que les peintures de mœurs les plus générales y dé-génèreroient bientôt en satires et personnalités.L’exemple de l’ancienne Athènes , ville incompara-blement plus peuplée que Genève , nous offre uneleçon frappante : c’est au théâtre qu’on y préparal'exil de plusieurs grands hommes et la mort de So crate ; c'est par la fureur du théâtre qu’Athènes périt 5 et ses désastres ne justifièrent que trop lechagrin qu’avoit témoigné Solon aux premières re-présentations de Thespis (* *). Ce qu’il y a de biensûr pour nous, c’est qu’il faudra mal augurer de la
et traçant des mots inconnus au festin de Ballkazar. Celteseule idée fait frissonner. 11 me semble, que nos poètes lyri-ques sont loin de ces inventions sublimes; ils font, pourépouvanter, un fracas de décorations sans cflèt. Sur la scènemême il ne faut pas tout dire à la vue , mais ébranler l’ima-gination.