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Tome III.
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A M. DALEMBERT.

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eussent aussi fait leur rôle. Chez les Grecs,peuple dailleurs assez badin, tout étoit grave etsérieux sitôt quil sagissoit de la patrie ; mais,dans ce siècle plaisant, rien néchappe au ridi-cule, hormis la puissance , on nose parler dhé-roïsme que dans les grands états, quoiquon nentrouve que dans les petits.

Quant à la comédie , il ny faut pas songer : ellecauseroit chez nous les plus affreux désordres ; elleserviroit dinstrument aux factions, aux partis , auxvengeances particulières. Notre ville est si petite,que les peintures de mœurs les plus générales y-génèreroient bientôt en satires et personnalités.Lexemple de lancienne Athènes , ville incompara-blement plus peuplée que Genève , nous offre uneleçon frappante : cest au théâtre quon y préparal'exil de plusieurs grands hommes et la mort de So­ crate ; c'est par la fureur du théâtre quAthènes périt 5 et ses désastres ne justifièrent que trop lechagrin quavoit témoigné Solon aux premières re-présentations de Thespis (* *). Ce quil y a de biensûr pour nous, cest quil faudra mal augurer de la

et traçant des mots inconnus au festin de Ballkazar. Celteseule idée fait frissonner. 11 me semble, que nos poètes lyri-ques sont loin de ces inventions sublimes; ils font, pourépouvanter, un fracas de décorations sans cflèt. Sur la scènemême il ne faut pas tout dire à la vue , mais ébranler lima-gination.

(*) Plutarque , vie de Solon, § 62.