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Tome III.
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LETTRE A M. J- .T. ROUSSEAU. 217

Une autre raison mengage à ne pas demeurerdans le silence ; cest la reconnoissance que je vousdois des égards avec lesquels vous mavez combattu-Sur ce point seul je me flatte de ne vous point céder.Vous avez donné aux gens de lettres un exempledigne de vous , et quils imiteront peut-être enfinquand ils eonnoitront mieux leurs vrais intérêts. Sila satire et linjure nétoientpas aujourd'hui le tonfavori de la critique, elle seroit plus honorable àceux qui lexercent, et plus utile à ceux qui en sontl'objet. On ne craindroit point de savilir en y ré-pondant; on ne songeroit quà séclairer avec unecandeur et une estime réciproques ; la vérité se-roit connue , et personne ne sfcroit offensé ; carcest moins la vérité qui blesse, que la manière dela dire.

Vous avez eu dans votre lettre trois objets princi-paux: d'attaquer les spectacles pris en eux-mêmes;de montrer que quand la morale pourvoit les tolé-rer, la constitution de Genève ne lui permettroitpas den avoir; de justifier enfin les pasteurs devotre Église sur les sentiments que je leur ai attri-bués en matière de religion. Je suivrai ces trois ob-jets avec vous, et je marrêterai dabord sur le pre-mier, comme sur celui qui intéresse le plus grandnombre des lecteurs. Malgré létendue de la ma-tière , je tâcherai dêtre le plus court qu'il me serapossible ; il nappartient quà vous dêtre long etdêtre lu, et je ne dois pas me flatter dêtre aussiheureux en écarts.

Le caractère de votre philosophie , monsieur ,3. 19