Band 
Tome III.
Seite
218
JPEG-Download
 

218

LETTRE

est dêtre ferme et inexorable dans sa marche. Vosprincipes posés, les conséquences sont ce quellespeuvent, tant pis pour nous si elles sont fâcheuses ;mais à quelque point quelles le soient, elles ne vousle paroissent jamais assez pour vous forcer a revenirsur les principes. Bicnloin de craindre les objectionsquon peut faire contre vos paradoxes, vous préve-nez ces objections en y répondant par des paradoxesnouveaux. Il me semble voir en vous ( la comparaisonne vous offensera pas sans doute) ce chef intrépidedes réformateurs, qui pour se défendre dune hérésieen avançoit une plus grave, qui commença par at-taquer les indulgences, et finit par abolir la messe.Vous avez prétendu que la culture des sciences etdes arts est nuisible aux mœurs j on pouvoit vousobjecter que dans une société policée cette cultureest du moins nécessaire jusquà un certain point, etvous prier den fixer les bornes 5 vous vous êtes tirédembarras en coupant le nœud, et vous navez crupouvoir nous rendre heureux et parfaits quen nousréduisant à létat de bêtes. Pour prouver ce que tantdopéra françois avoient si bien prouvé avaht vous,que nous navons point de musique, vous avez dé-claré que nous ne pouvions en avoir, et que si nousen avions une , ce seroit tant pis pour nous. Enfin ,dans la vue dinspirer plus efficacement à vos compa-triotes lhorreur de la comédie, vous la représentezcomme une des plus pernicieuses inventions des hom-mes , et pour me servir de vos propres termes,comme un divertissement plus barbare que les com-bats des gladiateurs.