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Tome III.
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A M. J. J. ROUSSEAU.

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fient par les mouvements quelles excitent en nous,les sentiments dont la nature a mis le germe dansnos âmes.

On va, selon vous, sisoler au spectacle , on y vaoublier ses proches , ses concitoyens et ses amis. Lespectacle est au contraire celui de tous nos plaisirsqui nous rappelle le plus aux autres hommes , parlimage quil nous présente de la vie humaine, et parles impressions quil nous donne et quil nous laisse.Un poète dans son enthousiasme, un géomètre dansses méditations profondes , sont bien plus isolésqu'on ne lest au théâtre. Mais quand les plaisirs dela scène nous feroient perdre pour un moment lesouvenir de nos semblables, nest-ce pas leffet natu-rel de toute occupation qui nous attache, de toutamusement qui nous entraine ? Combien de momentsdans la vie l'homme le plus vertueux oublie sescompatriotes et ses amis sans les aimer moins 5 etvous-inême, monsieur, nauriez-vous renoncé a vi-vre avec les vôtres que pour y penser toujours ?

Vous avez bien de la peine, ajoutez-vous, a con-cevoir cette règle de la poétique des anciens, que lethéâtre purge les passions en les excitant. La règle,ce me semble, est vraie, mais elle a le défaut dêtremal énoncée ; et cest sans doute par cette raisonquelle a produit tant de disputes quon se seroitépargnées si on avoit voulu sentendre. Les passionsdont le théâtre tend a nous garantir ne sont pas cel-les quil excite ; mais il nous en garantit en excitanten nous les passions contraires : jentends ici par pas-jsiün ? avec la plupart des écrivains de morale, toute