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Tome III.
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LETTRE

donc, monsieur, que pour être lu, et on ne veutêtre lu que pour être estimé ; jajoute , pour êtreestimé de la multitude , de cette multitude mêmedont on fait dailleurs ( et avec raison ) si peu decas. Une voix secrète et importune nous crie que cequi est beau , grand et vrai plaît à tout le monde ,et que ce qui nobtient pas le suffrage général man-que apparemment de quelquune de ces qualités.Ainsi, quand on cherche les éloges du vulgaire, cestmoins comme une récompense flatteuse en elle-même, que comme le gage le plus sûr de la hontedun ouvrage. Lamour-propre qui nannonce quedes prétentions modérées , en déclarant quil seborne à lapprobation du petit nombre , est unamour-propre timide qui se-console davance, ou unamour-propre mécontent qui se console après coup.Mais , quel que soit le but dun écrivain, soit dêtreloué, soit dêtre utile, ce but nimporte guère aupublic ; ce nest, point ce qui règle son jugement,cest uniquement le degré de plaisir ou de lumièrequon lui a donné. Il honore ceux qui linstruisent,il encourage ceux qui lamusent, il applaudit ceuxqui linstruisent en lamusant. Or les bonnes piècesde théâtre me paroissent réunir ces deux derniersavantages. Cest la morale mise en action, ce sontles préceptes réduits en exemples; la tragédie nousoffre les malheurs produits parles vices des hommes,la comédie les ridicules attachés à leurs défauts ;lune et lautre mettent sous les yeux ce que la mo-rale ne montre que dune manière abstraite et dansune espèce de lointain. Elles développent et forti-