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Tome III.
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A M. J. J. ROUSSEAU.

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le croit communément, un sentiment dinhumanité(pi fait courir le peuple aux exécutions des crimi-nels. Il voit au contraire ces exécutions avec unmouvement de trouble et de pitié , qui va quelque-fois jusquà lhorreur et aux larmes. Il faut a cesâmes rudes, concentrées et grossières, des secous-ses fortes pour les ébranler. La tragédie suffit auxâmes plus délicates et plus sensibles; quelquefoismême, comme dans Mèdèe et dans Atrée , l'impres-sion est trop violente pour elles. Mais, bien loindêtre alors dangereuse, elle est au contraire im-portune; et un sentiment de cette espèce peut-ilêtre une source de vices et de forfaits? Si dans lespièces lon expose le crime a nos yeux , les scélé-rats ne sont pas toujours punis, le spectateur estaffiigé quils ne le soient pas : quand il ne peut enaccuser le poète , toujours obligé de se conformer alhistoire , cest alors , si je puis parler ainsi ,lhistoire elle-même quil accuse ; et il se v dit ensortant,

Faisons notre devoir et laissons faire aux dieux.

Aussi dans un spectacle qui laisseroit plus de li-berté au poète, dans notre opéra, par exemple, quin'est dailleurs ni le spectacle de la vérité ni celuides mœurs , je doute quon pardonnât â lauteur delaisser jamais le crime impuni. Je me souviensdavoir vu autrefois en manuscrit un opéra à?Atrée , ce monstre périssoit écrasé de la foudre, encriant avec une satisfaction barbare,

Tonnez, dieux impuissants , frappez, je suis vengé.