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Tome III.
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LETTRE

tuné du Valais , il ny a ni haine, ni jalousie, niquerelles, et il y a pourtant des hommes. Maissi lâge dor sest réfugié dans les rochers voisins deGenève , vos citoyens en sont pour le moins à lâgedargent; et dans le peu de temps que jai passéparmi eux ils mont paru assez avancés, ou, si vousvoulez, assez pervertis pour pouvoir entendre Bru-tus et Rome sauvée sans avoir a craindre den deve-nir pires.

La plus forte de toutes vos objections contre léta-blissement dun théâtre à Genève , cest limpossibi-lité de supporter cette dépense dans une petite ville.Vous pouvez néanmoins vous souvenir que des cir-constances particulières ayant obligé vos magistrats,il y a quelques années, de permettre , dans la villemême de Genève , un spectacle public, on ne saper-çut point de linconvénient dont il sagit, ni de tousceux que vous faites craindre. Cependant, quand ilseroit vrai que la recette journalière ne suffiroit pasà lentretien du spectacle, je vous prie dobserverque la ville de Genève est, a proportion de sonétendue, une des plus riches de lEurope ; et jailieu de croire que plusieurs citoyens opulents decette ville, qui désireroient dy avoir un théâtre,fourniroient sans peine à une partie de la dépense ;cest du moins la disposition plusieurs dentre euxmont paru être, et cest en conséquence que jaihasardé la proposition qui vous alarme. Cela sup-posé, il seroit aisé de répondre en deux mots a vosautres objections. Je nai point prétendu quil y eûtà Genève spectacle tous les jours ; un ou deux