A M. J. J. ROUSSEAU.
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jours de la semaine suffiroient à cet amusement , eton pourroit prendre pour un de ces jours celui où lepeuple se repose ; ainsi d’un côté le travail ne seroitpoint ralenti, de l’autre la troupe pourroit êtremoins nombreuse, et par conséquent moins à chargea la ville ; on donneroit l’hiver seul à la comédie,l’été aux plaisirs de la campagne , et aux exercicesmilitaires dont vous parlez. J’ai peine a croire aussiqu’on ne put remédier par des lois sévères aux alar-mes de vos ministres sur la conduite des comédiens ,dans un état aussi petit que celui de Genève , oùi’œil vigilant des magistrats peut s’étendre au mêmeinstant d’une frontière à l’autre , où la législationembrasse à la fois toutes les parties , où elle estenfin si rigoureuse et si bien exécutée contre lesdésordres des femmes publiques, et même contreles désordres secrets. J’en dis autant des lois somp-tuaires, dont il est toujours facile de maintenir l’exé--cation dans un petit état ; d’ailleurs la vanité mêmene sera guère intéressée a les violer, parce qu’ellesobligent également tous les citoyens, et qu’à Ge nève les hommes me sont jugés ni par les richesses,ni par les habits. Enfin rien , ce me semble , nesoulFriroit dans votre patrie de l’établissement d'unthéâtre, pas même l’ivrognerie des hommes et lamédisance des femmes, qui trouvent l’une et l’autretant de faveur auprès de vous. Mais quand la sup-pression de ces deux derniers articles produiroit,pour parler votre langage, un nffoiblissement d’état,je serois d’avis qu'on se consolât de ce malheur. Ilncfalloit pas moins qu’un philosophe exercé comme
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