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Tome III.
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LETTRE

vous aux paradoxes, pour nous soutenir quil y amoins de mal a senivrer et a médire , quà voirreprésenter Cinna et Polyeucte. Je parle ici daprèsla peinture que vous avez faite vous-même de la viejournalière de vos citoyens ; et je nignore pas quilsse récrient fort contre cette peinture : le peu deséjour, disent-ils , que vous avez fait parmi eux ,ne vous a pas laissé le temps de les connoitre,ni den fréquenter assez les différents états ; et vousavez représenté comme lesprit général de cettesage république , ce qui nest tout au plus quele vice obscur et méprisé de quelques sociétésparticulières.

Au reste, vous ne devez pas ignorer, monsieur,que depuis deux ans une troupe de comédiens sestétablie aux portes de Genève , et que Genève et lescomédiens sen trouvent à merveille. Prenez votreparti avec courage, la circonstance est urgente et lecas difficile. Corruption pour corruption, celle quilaissera aux Genevois leur argent dont ils ont be-soin , est préférable à celle qui le fait sortir decliez eux.

Je me bâte de finir sur cet article dont la plupartde nos lecteurs ne sembarrassent guère , pour envenir à un autre qui les intéresse encore moins , clsur lequel par cette raison je marrêterai moinsencore. Ce sont les sentiments que jattribue à vosministres en matière de religion. Vous savez, et ilsle savent encore mieux que vous, que mon desseinna point été de les offenser ; et ce motif seul suf-firoit aujourdhui pour me rendre sensible à leurs