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LETTRES
pents des magiciens ; mais , forcé d'admettre unefois la magie , Pharaon put fort bien n’en conclureautre chose sinon qu’Aaron étoit plus habile qu’euxdans cet art ; c’est ainsi que Simon, ravi des chosesque faisoit Philippe , voulut acheter des apôtres lesecret d’en faire autant qu’eux.
D’ailleurs l’infériorité des magiciens étoit due ala présence d’Aaron : mais, Aaron absent, eux fai-sant les mêmes signes avoient droit de prétendreà la même autorité : le signe en lui-même ne prou-voit donc rien.
Quand Moïse changea Peau en sang , les magicienschangèrent l’eau en sang ; quand Moïse produisit desgrenouilles , les magiciens produisirent des gre-nouilles. Ils échouèrent à la troisième plaie 5 maistenons-nous aux deux premières dont Dieu mêmeavoit fait la preuve du pouvoir divin (a) : les magi-ciens firent aussi cette preuve-là.
Quant à la troisième plaie, qu’ils ne purent imiter,on ne voit pas ce qui la rendoit si difficile, au pointde marquer que le doigt de Dieu étoit là. Pourquoiceux qui purent produire un animal ne purent-ilsproduire un insecte ? et comment, après avoir faitdes grenouilles , ne purent-ils faire des poux ? S’ilest vrai qu’il n’y ait dans ces choses-là que le pre-mier pas qui coûte , c’étoit assurément s’arrêter enbeau chemin.
Le même Moïse , instruit par toutes ces expérien-ces, ordonne que si un faux prophète vient annoncer
(a) Exode , vu , 17.