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ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
d’autres dieux. , c’est-à-dire une fausse doctrine , etque ce faux prophète autorise son dire par des pré-dictions ou des prodiges qui réussissent, il ne fautpoint l’écouter , mais le mettre à mort. On peutdonc employer de vrais signes en faveur d’unefausse doctrine ; un signe en lui-même ne prouvedonc rien.
La même doctrine des signes par des prestiges estétablie en mille endroits de l’Écriture.
Bien plus ; après avoir déclaré qu’il ne fera pointde signes , Jésus annonce de faux Christs qui en fe-ront; il dit « qu'ils feront de grands signes, des mi-» racles capables de séduire les élus mêmes, s’ilétoit» possible (a ). » Ne seroit-on pas tenté, sur ce lan-gage , de prendre les signes pour des preuves defausseté?
Quoi! Dieu , maître du choix de ses preuves,quand il veut parler aux hommes, choisit par pré-férence celles qui supposent des connoissances qu’ilsait qu’ils n’ont pas ! Il prend pour les instruire lamême voie qu’il sait que prendra le démon pour lestromper ! Cette marche seroit-elle donc celle de laDivinité? Se pourroit-il que Dieu et le diable sui-vissent la même route ? Voilà ce que je ne puis con-cevoir.
Nos théologiens , meilleurs raisonneurs , mais demoins bonne foi que les anciens, sont fort embar-rassés de cette magie : ils voudroient bien pouvoirtout-à-fait s’en délivrer, mai? ils n’osent; ils sentent
(«) Mallli., xxiv, 24 ; Marc , xm. 22.