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ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
doutes , puisque partout où je suis, quant à moi, leplus décidé , je n’affirme rien encore? Voyez quellesaffirmations peut faire un homme qui parle ainsi dèssa préface (*) :
« A l’égard de ce qu’on appellera la partie sys-» tématique , qui n’est autre chose ici que la marche» de la nature, c’est là ce qui déroutera le plus lesh lecteurs ; c’est aussi par là qu’on m’attaquera sansn doute , et peut-être n’aura t-on pas tort. On croira» moins lire un traité d’éducation que les rêveries» d’un visionnaire sur l’éducation. Qu’y faire ? Ceii n’est pas sur les idées d’autrui que j’écris, c’est» sur les miennes. Je ne vois point comme les autresn hommes ; il y a long-temps qu’on me l’a reproché.» Mais dépend-il de moi de me donner d’autres yeux,» et de m’affecter d’autres idées ? Non ; il dépend de» moi de ne point abonder dans mon sens, de ne» point croire être seul plus sage que tout le monde ;n il dépend de moi, non de changer de sentiment,» mais de me défier du mien : voilà tout ce que je» puis faire, et ce que je fais. Que si je prends quel-» qucfois le ton affirmatif, ce n’est point pour en» imposer au lecteur ; c’est pour lui parler comme» je pense : pourquoi proposerois-je par forme de« doute ce dont, quant à moi, je ne doute point ? Je« dis exactement ce qui se passe dans mon esprit.
n En exposant avec liberté mon sentiment, j’en-» tends si peu qu’il fasse autorité, que j’y joinsii toujours mes raisons , afin qu’on les pèse et qu’on
(*) Préface Emile.