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LETTRES
que la nier seroit nier. trop. Ces gens , toujours sidécisifs, changent ici de langage ; ils ne la nient nine l’admettent : ils prennent le parti de tergiverser,de chercher des faux-fuyants ; à chaque pas ils s’ar-rêtent; ils ne savent sur quel pied danser.
Je crois, monsieur , vous avoir fait sentir où gîtla difficulté. Pour que rien ne manque à sa clarté, lavoici mise en dilemme.
Si l’on nie les prestiges, on ne peut prouver lesmiracles, parce que les uns et les autres sont fon-dés sur la même autorité. '■
Et si l’on admet les prestiges avec les miracles ,on n’a point de règle sûre, précise et claire, pourdistinguer les uns des autres : ainsi les miracles neprouvent rien.
Je sais bien que nos gens , ainsi pressés, reviennentà la doctrine : mais ils oublient bonnement que sila doctrine est établie , le miracle est superflu ; etnue si elle ne l’est pas, elle ne peut rien prouver.
Ne prenez pas ici le change , je vous supplie; etde ce que je n’ai pas regardé les miracles commeessentiels au christianisme , n’allez pas conclure quej’ai rejeté les miracles. Non, monsieur, je ne les airejetés nine les rejette : si j’ai dit des raisons pour endouter , je n’ai point dissimulé les raisons d’y croire.Il y a une grande différence entre nier une chose etne la pas affirmer, entre la rejeter et ne pas l’admet-tre ; et j’ai si peu décidé ce point, que je défie qu’ontrouve un seul endroit dans tous mes écrits où je soisafhrmatif contre les miracles.
Eh ! comment l’aurois-je été malgré mes propres