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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

que la nier seroit nier. trop. Ces gens , toujours sidécisifs, changent ici de langage ; ils ne la nient nine ladmettent : ils prennent le parti de tergiverser,de chercher des faux-fuyants ; à chaque pas ils sar-rêtent; ils ne savent sur quel pied danser.

Je crois, monsieur , vous avoir fait sentir gîtla difficulté. Pour que rien ne manque à sa clarté, lavoici mise en dilemme.

Si lon nie les prestiges, on ne peut prouver lesmiracles, parce que les uns et les autres sont fon-dés sur la même autorité. '

Et si lon admet les prestiges avec les miracles ,on na point de règle sûre, précise et claire, pourdistinguer les uns des autres : ainsi les miracles neprouvent rien.

Je sais bien que nos gens , ainsi pressés, reviennentà la doctrine : mais ils oublient bonnement que sila doctrine est établie , le miracle est superflu ; etnue si elle ne lest pas, elle ne peut rien prouver.

Ne prenez pas ici le change , je vous supplie; etde ce que je nai pas regardé les miracles commeessentiels au christianisme , nallez pas conclure quejai rejeté les miracles. Non, monsieur, je ne les airejetés nine les rejette : si jai dit des raisons pour endouter , je nai point dissimulé les raisons dy croire.Il y a une grande différence entre nier une chose etne la pas affirmer, entre la rejeter et ne pas ladmet-tre ; et jai si peu décidé ce point, que je défie quontrouve un seul endroit dans tous mes écrits je soisafhrmatif contre les miracles.

Eh ! comment laurois-je été malgré mes propres