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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

fasse. Quant à moi, dit-il, je ne le fais pas, per-suadé que Dieu est bon père, qui sait mieux queses enfants ce qui leur convient. Mais ne peut-onlui rendre aucun autre culte aussi digne de lui ? Leshommages dun cœur plein de zèle, les adorations,les louanges , la contemplation de sa grandeur ,laveu de notre néant, la résignation à sa volonté ,la soumission à ses lois , une vie pure et sainte, toutcela ne vaut-il pas bien des vœux intéressés et mer-cenaires? Près dun Dieu juste, la meilleure ma-nière de demander est de mériter dobtenir. Lesanges qui le louent autour de son trône le prient-ils? Quauroient-ils à lui demander? Ce mot deprière est souvent employé dans lÉcriture pourhommage, adoration ; et qui fait le plus est quittedu moins. Pour moi , je ne rejette aucune desmanières dhonorer Dieu ; jai toujours approuvéquon se joignît h lÉglise qui le prie : je le fais ; leprêtre savoyard le faisoit lui-même. Lécrit si vio-lemment attaqué est plein de tout cela. Nimporte :je rejette, dit-on, la prière ; je suis un impie à brû-ler. Me voilà jugé.

Ils disent encore que jaccuse la morale chré­ tienne de rendre tous nos devoirs impraticables en

mais ce que tu veux. » Que dis-je ? cest lOraison dominicaleelle-même. Elle est toute entière dans ces paroles : « Que tavolonté soit faite. » Toute autre prière est superflue, et ne faitque contrarier celle-. Que celui qui pense ainsi se trompe ,cela peut être. Mais celui qui publiquement laccuse à cause decela de détruire la morale chétienne , et de n'ctre pas chrétien ,est-il un fort bon chrétien lui-même ?