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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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ÉCRITES DE LA MONTAGNE.

le souverain nagit jamais immédiatement parlui-même, cest autre chose. Le gouvernement nestalors que la puissance exécutive , et il est absolu-ment distinct de la souveraineté.

Cette distinction est très-importante en ces ma-tières. Pour lavoir bien présente à lesprit, on doitlire avec quelque soin dans le Contrat social les deuxpremiers chapitres du livre troisième , jai tâchéde fixer , par un sens précis, des expressions quonlaissoit avec art incertaines , pour leur donner aubesoin telle acception qu'on vouloit. En général ,les chefs des républiques aiment extrêmement àemployer le langage des monarchies. A la faveur determes qui semblent consacrés, ils savent amenerpeu à peu les choses que ces mots signifient. Cestce que fait ici très-habilement lauteur des Lettres ,en prenant le mot de gouvernement , qui na riendeffrayant en lui-même , pour lexercice de la sou-veraineté , qui seroit révoltant, attribué sans détourau petit Conseil.

Cest ce quil fait encore plus ouvertement dansun autre passage (page 66), , après avoir dit que« le petit Conseil est le gouvernement même, » cequi est vrai en prenant ce mot de gouvernementdans un sens subordonné, il ose ajouter qua cetitre il exerce toute lautorité qui nest pas attribuéeaux autres corps de létat, prenant, ainsi le motde gouvernement dans le sens de la souveraineté ;comme si tous les corps de létat , et le Conseilgénéral lui-même, étoient institués par le petit Con-seil : car ce nest quà la faveur de cette supposition