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ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
où le souverain n’agit jamais immédiatement parlui-même, c’est autre chose. Le gouvernement n’estalors que la puissance exécutive , et il est absolu-ment distinct de la souveraineté.
Cette distinction est très-importante en ces ma-tières. Pour l’avoir bien présente à l’esprit, on doitlire avec quelque soin dans le Contrat social les deuxpremiers chapitres du livre troisième , où j’ai tâchéde fixer , par un sens précis, des expressions qu’onlaissoit avec art incertaines , pour leur donner aubesoin telle acception qu'on vouloit. En général ,les chefs des républiques aiment extrêmement àemployer le langage des monarchies. A la faveur determes qui semblent consacrés, ils savent amenerpeu à peu les choses que ces mots signifient. C’estce que fait ici très-habilement l’auteur des Lettres ,en prenant le mot de gouvernement , qui n’a riend’effrayant en lui-même , pour l’exercice de la sou-veraineté , qui seroit révoltant, attribué sans détourau petit Conseil.
C’est ce qu’il fait encore plus ouvertement dansun autre passage (page 66), où , après avoir dit que« le petit Conseil est le gouvernement même, » cequi est vrai en prenant ce mot de gouvernementdans un sens subordonné, il ose ajouter qu’a cetitre il exerce toute l’autorité qui n’est pas attribuéeaux autres corps de l’état, prenant, ainsi le motde gouvernement dans le sens de la souveraineté ;comme si tous les corps de l’état , et le Conseilgénéral lui-même, étoient institués par le petit Con-seil : car ce n’est qu’à la faveur de cette supposition