ÉCRITES DE LA MONTAGNE. 107
tous revoir de ma vie, non, je ne reprocherai pointau ciel mes misères ; je leur dois votre amitié.
« En conscience, y a-t-il parité entre des livres» où l’on trouve quelques traits épars et indiscretsa contre la religion, et des livres où, sans détour,» sans ménagement, on l’attaque dans ses dogmes,« dans sa morale, dans son influence sur la so-» ciété? »
En conscience !... Il ne siéroit pas à un impie telque moi d'oser parler de conscience... surtout vis-
à-vis de ces bons chrétiens. ainsi je me tais.
C’est pourtant une singulière conscience que cellequi fait dire à des magistrats : Nous souffrons vo-lontiers qu’on blasphème, mais nous ne souffronspas qu’on raisonne ! Otons, monsieur, la disparitédes sujets ; c’est avec ces mêmes façons de penserque les Athéniens applaudissoient aux impiétés d’A ristophane , et firent mourir Socrate .
Une des choses qui me donnent le plus de con-fiance dans mes principes, est de trouver leur ap-plication toujours juste dans les cas que j’avois lemoins prévus ; tel est celui qui se présente ici. Unedes maximes qui découlent de l’analyse que j’aifaite de la religion et de ce qui lui est essentiel, estque les hommes ne doivent se mêler de celle d’au-trui qu’en ce qui les intéresse ; d’où il suit qu’ilsne doivent jamais punir des offenses (a) faites uni-