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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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ÉCRITES DE LA MONTAGNE. 107

tous revoir de ma vie, non, je ne reprocherai pointau ciel mes misères ; je leur dois votre amitié.

« En conscience, y a-t-il parité entre des livres» lon trouve quelques traits épars et indiscretsa contre la religion, et des livres, sans détour,» sans ménagement, on lattaque dans ses dogmes,« dans sa morale, dans son influence sur la so-» ciété? »

En conscience !... Il ne siéroit pas à un impie telque moi d'oser parler de conscience... surtout vis-

à-vis de ces bons chrétiens. ainsi je me tais.

Cest pourtant une singulière conscience que cellequi fait dire à des magistrats : Nous souffrons vo-lontiers quon blasphème, mais nous ne souffronspas quon raisonne ! Otons, monsieur, la disparitédes sujets ; cest avec ces mêmes façons de penserque les Athéniens applaudissoient aux impiétés d ristophane , et firent mourir Socrate .

Une des choses qui me donnent le plus de con-fiance dans mes principes, est de trouver leur ap-plication toujours juste dans les cas que javois lemoins prévus ; tel est celui qui se présente ici. Unedes maximes qui découlent de lanalyse que jaifaite de la religion et de ce qui lui est essentiel, estque les hommes ne doivent se mêler de celle dau-trui quen ce qui les intéresse ; d il suit quilsne doivent jamais punir des offenses (a) faites uni-

(a) Notez que je me sers de ce mot offenser Dieu , selon lu-sage , quoique je sois très-éloîgné de ladmettre dans son senspropre, et que je le trouye très-mal appliqué, - comme si quelque