ÉCRITES DE LA MONTAGNE.
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<le ses membres. Et d’où naît l’union de ses mem-bres ? De l’obligation qui les lie. Tout est d’accordjusqu’ici.
Mais quel est le fondement de cette obligation ?Voilà où les auteurs se divisent. Selon les uns , c’estla force ; selon d’autres, l’autorité paternelle ; selond’autres, la volonté' de Dieu . Chacun établit sonprincipe et attaque celui des autres : je n’ai pas moi-même fait autrement ; et , suivant la plus saine par-tie de ceux qui ont discuté ces matières , j’ai posépour fondement du corps politique la conventionde ses membres , j’ai réfuté les principes différentsdu mien.
Indépendamment de la vérité de ce principe, ill’emporte sur tous les autres par la solidité du fon-dement qu’il établit; car quel fondement plus sûrpeut avoir l’obligation parmi les hommes, que lelibre engagement de celui qui s’oblige ? On peutdisputer tout autre principe (a) ; on ne sauroit dis-puter celui-là.
Mais par cette condition de la liberté, qui en ren-ferme d’autres, toutes sortes d’engagements ne sontpas valides , même devant les tribunaux humains.Ainsi pour déterminer celui-ci, Ton doit en expli-quer la nature, on doit en trouver l’usage et la lin,
(a) Même celui de la volonté de Dieu , du moins quant àl’application. Car, Lien qu’il soit clair que ce que Dieu veutl’hommedoit le vouloir, il n’est pas clair que Dieu veuille qu’onpréfère tel gouvernement à tel autre, ni qu’on obéisse à Jacquesplutôt qu’à Guillaume. Or voilà de quoi il s’agit.
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