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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

pas, ou y prenoient trop peu d'intérêt, ou avoientintérêt de la présenter sous un faux jour. Aucundeux na suffisamment distingué le souverain du gou-vernement ; la puissance législative de lexécutive.Il ny a point détat ces deux pouvoirs soient siséparés , et lon ait tant affecté de les confondre.Les uns simaginent qu'une démocratie est un gou- |vernement tout le peuple est magistrat et juge; idautres ne voient la liberté que dans le droit dé-lire ses chefs , et, nétant soumis quà des princes,croient que celui qui commande est toujours le sou-verain. La constitution démocratique est certaine-ment le chef-dœuvre de lart politique : mais pluslartifice en est admirable, moins il appartient à tousles yeux de le pénétrer. Nest-il pas vrai, Monsieur,que la première précaution de nadmettre aucunConseil général légitime que sous la convocation dupetit Conseil., et la seconde précaution de n'y souf-frir aucune proposition quavec lapprobation dupetit Conseil, suffisoient seules pour maintenir leConseil général dans la plus entière dépendance?La troisième précaution, dy régler la compétencedes matières, étoit donc la chose du monde la plussuperflue. Et quel eût été l inconvcnient de laisserau Conseil général la plénitude des droits suprêmes,puisquil nen peut faire aucun usage quautant quele petit Conseil le lui permet ? En ne bornant pasles droits de la puissance souveraine , on ne la ren-doit pas dans le fait moins dépendante, et lon évi-toitune contradiction : ce qui prouve que cest pournavoir pas bien connu votre constitution quon a