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msser une grande ville, il n’y en a point de plusimportant que celui de lui procurer des eaux debonne qualité et en suffisante quantité. Les Ro-mains en étaient si persuadés, qu’au milieu deleurs grandes entreprises, un de leur premier soinétait de faire arm er l’eau dans tous les lieux qu’ilshabitaient. Quelque peu considérable que fût uneville conquise par ces maîtres du monde, dès qu’ilsen étaient paisibles possesseurs, ils y faisaientaffluer l’eau. On trouve encore des restes de cesaqueducs dans un très-grand nombre de villes :entr autres à Fréjus , à Aimes, à Aix , à Lyon , àMetz , à Paris, etc.
L’aqueduc fait pour amener l’eau à Fréjus avaitdix lieues de long, et dans cette étendue on avaitconstruit des arcades sur la longueur d’environune lieue, pour traverser différentes vallées : il enreste encore plusieurs morceaux assez bien con-servés ; quelques-uns ont deux et trois rangsd’arcades : il y avait de plus quelques montagnespercées pour passer d’une vallée à l’autre.
L’aqueduc qui portait à Nîmes les eaux dessources réunies d’Airan et d’Eure , situées prèsdUzès , avait sept lieues de long. Tout le mondea entendu parler du célèbre pont du Gard , quiexiste encore en entier. Il est composé de troisponts placés l’un sur l’autre ; c’est sur le plus hautde ces ponts que passaient les eaux de ces fon-taines pour se rendre à Nîmes . La vue de ce