PRÉFACE.
Si je ne craignais pas- d’être soupçonné de cetamour-propre qui nous fait toujours regardercomme supérieure la branche des connaissanceshumaines à laquelle nous nous sommes principa-lement attachés, j’essaierais de faire ici l’éloge del’art de l’ingénieur; mais, sans nous arrêter à unediscussion peu nécessaire, ouvrons l’histoire, etvoyons quel degré d’importance mettaient à laconstruction des voies publiques les peuples quiont étonné le monde par leur puissance et leursupériorité dans les arts.
Les Romains, si souvent pris pour modèle,excitent encore l’admiration de tous les peuplesmodernes, parla solidité et l’étendue de leursvoies publiques.
Ils divisaient leurs routes en chemins mili-taires , en chemins de traverse, et en cheminsprivés. Les premiers, les seuls dont je veuilleparler ici, traversaient plusieurs fois l’Empire ,sur des longueurs de quinze à seize cents lieues.Rien n’était oublié pour rendre ces chemins corn-