pris sans doute que j’ose présenter cette énumération avec l’aveu que je n’ai point examinécet herbier, et on se demandera pourquoi je n’ai pas différé plutôt de quelques années delivrer ce travail au public; mais plusieurs considérations m’ont décidé : d’abord, le désirde rectifier beaucoup de fausses indications imprimées dans la Flore de Gaudin, 'et cela,avant la publication d’une nouvelle Flore helvétique, et de faire connaître quelques espècesdécouvertes récemment, depuis que M. Chaillet a dû cesser ses investigations : en secondlieu, l’exactitude que M. de Chaillet a mise à indiquer les localités des nouvelles richessesqu’il ajoutait chaque année à potre Flore, est telle, que nous n’avions le plus souvent, pourainsi dire, qu’à nous transporter à l’endroit cité, pour être sûrs d’y recueillir la plante enquestion : troisièmement, j’ai eu pour me guider une copie de son dernier catalogue, et parla comparaison de mon herbier indigène, j’ai vu avec plaisir que j’avais des matériaux suffi-sans, au moins pour les plantes vasculaires phanérogames et cryptogames. — Quant auxcryptogames cellulaires, il n’y a que l’inspection de l’herbier de M. Chaillet qui puisse per-mettre d’en livrer l’énumération au public. C’est de cette dernière classe de végétaux qu’ils’est surtout occupé durant les dernières années de sa vie active, et c’est aussi celle qui a étéla plus négligée par les autres botanistes du canton; j’espère cependant arriver avec letemps à combler celte lacune, avec l’aide de mes amis et des coopérateurs zélés qui m’ontpromis l’appui de leurs recherches.
M. Gaudin, auteur de la dernière Flore helvétique, a fait plusieurs voyages botaniquesdans notre canton : en i8i3, il a visité la Côte-aux-Fées , les Verrières , la Brévine-, leLocle , les Brenetset la Chaux-de-Fonds. En i8i5, il vint à Neuchâtel , où il fut reçu parM. Chaillet, et visita de là d’abord Chasserai, puis la côte de Noiraigue, le Creux du Van ,le Val-de-Travers et les Verrières . C’est cependant toujours à M. Chaillet qu’il doit l’indi-cation de la plupart des localités pour les plantes de notre pays.
A côté des noms que je viens de citer, il en est d’autres qui ont beaucoup contribué etcontribuent encore à la connaissance de nos plantes indigènes : MM. Coulon père et fils,M. le Prof. Agassiz, m’ont fait connaître plusieurs espèces rares du canton; M. de Buren,celles des environs de Vauxmarcus; M. Schuttleworth, celles des environs du Landeron , deCressier , de Lignières et de Chasserai : je lui dois des remercîmens particuliers pour les es-pèces qu’il a bien voulu me communiquer et les renseignemens qu’il m’a donnés, d’autantplus précieux qu’il possède peut-être le plus riche herbier de la Suisse entière, et que per-sonne n’a plus étudié que lui la Flore de toute la chaîne jurassique. Je dois encore de justesremercîmens à mon excellent ami, M. Léo Lequereux, qui, jeune encore, affligé d’une tristeinfirmité, s’est voué par goût et pour se distraire à l’étude de la botanique, ayant cherché,comme il le dit lui-même dans une de ses lettres, des amis parmi les êtres vivans, qu’onpeut étudier sans le secours de l’ouïe. Son nom paraîtra souvent dans cette énumération. Ila parcouru, pendant six années* les environs de la Chaux-de-Fonds , les marais des Epla-tures, de Pouillerel, des Crosettes, les Combes de Vallarivron, les Côtes du Doubs, et peu