20 O SUR LES VOYAGES
que M. Rozier ne s’est point élancé dans des rayonsexcentriques de science j il eût vu que l’idée neuveet belle de diviser la France en bassins , pour donnerun apperçu général et vrai des productions agricolesde nos plaines, appartient àM. Rozier, et non à M. dela Mélhrie, qui, six ans après , a copié la mêmecarte , pour donner un apperçu lithographique denos montagnes. C’est inventer soi-même que de co-pier ainsi 3 mais M.Young, en reprenant cette mômecarte pour en faire l’une des bases de ce qu’il publieaujourd’hui sur l’agriculture française , s’est rendu ,vraisemblablement sans le savoir, le copiste d’unecopie (i).
Mes essais sur l’administration forestière n’avaientpoint encore paru lorsque M. Young a voyagé enFrance . Il s’y est plus occupé des terres labourablesque des forêts ; mais il en a voulu parler ; et commenos bases et nos calculs n’ont aucune ressemblance,je crois nécessaire d’expliquer brièvement en quoinous différons.
M. Young estime que les bois en France occupentle septième de son territoire ( tome J1I , page 186);et supposant, avec M. Necker , que le territoire dela France monte à i56,024,ii3 arpens , il porte con-séquemment la quantité de nos bois à 22,289.016 ar-pens. Il n’y en a guère que 12 millions, si l’on s’enrapporte au dépouillement de la totalité des cartes del'observatoire, comme l’a fait M. d’Acosta, et nond’une partie de ces mêmes cartes seulement, commel’a fait M. Young. A ces 12 millions j’ai cru qu’onpouvait en ajouter un treizième , pour les bois isoléset de médiocre étendue qui n’ont pas été dessinés surla carte. L’autre manière de supputer, adoptée parM.Young, est plus singulière. Il conclut ce qu’ilexiste de bois en France , par la quantité de bois qui
( 1 ) Je crois que la première description géographique des bassins forme'*par les montagnes , est due au célèbre Buache.