vicieuse des Vile es. 3
íeux hasard. Cependant il s’en faut bien que la position d’une Villesoit arbitraire & indifférente. Le choix de son emplacement dc-manderoit au contraire l’intelligencc Sc les lumières des plus grandsPhilosophes.
Si Platon, Iorsqu’il composa des loix pour former une Répu-blique & rendre les hommes aussi heureux qu’ils pourroient l’êtredans f état de société, avoit imaginé le plan d’une Ville pour sesnouveaux citoyens, il auroic voulu que l’endroit destiné pour sonemplacement sût sain, que les eaux en fussent salubres, qu’il nefût pas sujet à des vents dommageables, à des brouillards ou a desexhalaisons pestilentielles, susceptibles de causer des maladies. 11auroit aussi cherché à la situer dans un climat temperé, éloignedu trop grand chaud , comme du trop grand froid, inconvénienségalement nuisibles à la santé. Car la chaleur excessive affaiblit,énerve les corps, les rend mois , efféminés, & incapables de sup-porter de grands travaux. Dans les pays froids au contraire, quoi-que les hommes paroissent se porter mieux, la terre est aride &le plus souvent inculte, parce qu’elle n’est pas suffisamment vivi-fiée par les rayons du soleil.
Ce Philosophe auroit encore considéré, ainsi que le recom-mande Vitruve , livre 1 , chapitre 4 , ie foie des animaux vi-vants dans les endroits où il eût projetté de bâtir fa Ville. S’ils’étoit apperçu qu’il eût été généralement livide & corrompu, ilauroit conclu que les habitans pouvoient être attaqués de sem-blables maladies , & que la nourriture ne devoit pas être fainedans un pareil pays. La nature des eaux, des fruits & des légumes,dont la mauvaise qualité peut influer sur la santé des hommes,n’auroit pas aussi échappée à son examen, ainsi que la facilité deschemins pour arriver à fa nouvelle Ville. Enfin il eût observés’il étoit aisé de se procurer des matériaux pour bâtir, & de trouverdans le voisinage toutes les denrées nécessaires pour la nourrituredes habitans, ou du moins si celles qui manquoient, y pouvoientêtre transportées h l’aide, soit de quelques rivières, soit de quel-
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