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ques ports de mer peu éloignés , capables de rendre en même-
temps son commerce florissant.
Une autre attention non moins importante pour un Fondateurde Ville, ce seroit de s’assurer par l’examen de son sol & de sesenvirons, si le lieu destiné à son emplacement peut être suscepti-ble des impressions des tremblemens de terre. On connoit lesravages affreux occasionnés par ce fléau , & combien de Villesont été détruites par ses funestes effets. 11 est comme démontré,que plus un endroit est caverneux , abondant en sources minéra-les, rempli de nitre, de sel, de soufre, & sur-tout de pyrites,plus il est exposé aux tremblemens. Au Chilly, au Pérou, à laJamaïque, en Italie, on remarque toutes ces choses. Aussi y a-t-iîdes volcans dans ces contrées, & les tremblemens s’y font-ils sen-tir souvent. Le long des côtes de la mer, les tremblemens passentaussi pour être plus fréquens, parce que les pyrites font mouilléesplus facilement par les eaux qui les baignent fans cesse. Les paysdont le fol est sabloneux, graveleux ou limoneux, sont au con-traire peu exposés à ce fléau.
C’est pourquoi il seroit important lors de la fondation d’une Ville,de mettre h profit toutes les connoissances physiques, pour choisirun terrein convenable & exempt s’il se peut de tous les inconvé-niens ci-dessus ; mais jamais on n’a apporté de semblables attentions :on a agi fans cesse comme si ^emplacement des Villes pouvoit êtreindifférent : toujours ce font des causes étrangères au bonheur deshommes qui ont guidé dans ces établissemens ;un passage d’impor-tance k garder, un confluent de deux rivières, un endroit difficileà être insulté par l’ennemi, ou favorablement situé pour le com-merce : on ne songe qu’à des vues politiques, & presque jamaisau but que l’on devroit se proposer en pareil cas.