VICIEUSE DIS VïLEES. IH
ï> dans d’aíFreuses montagnes, & nos maisons comme des rochers» à perte de vue, percés de troux, ainíì que des habitations d’ours» & d’autres bêtes féroces. Nos étages sur-tout accumulés les uns33 fur les autres leur paroiflent insupportables. Ils ne comprennent33 pas comment on peut risquer de se casser le col cent fois le» jour, en montant nos degrés , pour se rendre à un quatrième33 ou cinquième étage. L’Empereur Canghi disoit, en voyant le33 plan de nos maisons Européennes, il faut que l’Europe soit un» pays bien petit, bien misérable, puisqu’il n’y a pas assez de ter-33 rein pour étendre les Villes , & qu’on est obligé d’y habiter en33 Pair. (a)
Entre l’excès dans lequel tombent les Chinois , en ne faisantqu’un rez-de-chaussée, & l’élévation prodigieuse des maisons denos principales Villes, il y a fans doute un milieu. Dans un cli-mat tempéré, il peut suffire de donner 40 k 60 pieds de largeuraux rues, & d’élever les bâtimens environ de trois étages. Je medispense d’en dire davantage pour le présent, attendu que ^insis-terai à ce sujet par la suite.
Dans une nouvelle Ville, il faudroit bien se garder de souffrirque l’on bâtisse des maisons fur les ponts, ainsi qu’on le remar-que principalement k Paris. Cet abus est des plus préjudiciablesà la santé des habitans ; car Pair qui environne une riviere étantcontinuellement renouvellé par son courant, il s’ensuit quece courant emporte avec lui les exhalaisons qui s’élevent jour-nellement des immondices d’une grande Ville. Or les maisonsplacées, fur les ponts, arrêtent cette libre circulation de Pair Scson renouvellement, sans compter qu’elles ôtent Pagrément d’unevûe étendue, Sc qu’elles courent souvent risque d’être renverséesavec les ponts, lors des grosses eaux ou des débâcles après de for-tes gelées, ainsi qu’on en a vu des exemples funestes.
II n’est pas nécessaire d’indiquer quelle place il faut assigner de
(a) Tome XXYII iles Lettrés-Édisiautcs S£ curieuses ; lettre du Frere Attiret.