vicieuse des Vil r, es. tj
maisons des particuliers y seroient ornées simplement , & fanscolonnes : on réserveroit au contraire toutes les richesses de l'Ar-chitecture pour les palais, les temples & les édifices publics ; c’estce que les anciens appelloient publicam magnificentiam. En effetest-il décent que la maison d un simple Particulier, quelque richequ’il soit, surpasse, ou égale en magnificence , la demeure del’Etre Suprême, celles des Princes & des Ministres ? N’est-ce pasconfondre tous les rangs & tous les états ? On veut que tous cesespeces de palais ainsi multipliés indistinctement, fassent honneurà une Ville; ils la dégradent bien plutôt, remarque Cicéron (a),si l’on veut en juger sainement, parce qu’ils la corrompent, enlui rendant le luxe & le faste nécessaire, par la somptuofké desmeubles, & par les autres ornemens que demande un bâtimentsuperbe , sans compter que les grandes dépenses qu’ils exigent,& qui entraînent toujours au-dela des moyens des Particuliers,font souvent la cause de la ruine des familles,
D’ailleurs c’est une erreur de croire que la profusion des orne-mens releve la beauté de l’Architecture : elle y nuit plus qu’ellen’y sert. Le beau essentiel de cet art, consiste principalement dansla régularité, la proportion, & Tordre. Un édifice est d'autant plusagréable qu’il contient un plus grand nombre de ces rapports, &que toutes ses parties paroissent mieux convenir ensemble, telle-ment que de cet assemblage il reluire une harmonie générale quienchante tous les regards.
Je ne m’arrêterai pas à donner des réglés touchant la distri-bution particulière de chaque bâtiment ; distribution qui variesuivant les climats, suivant les personnes, suivant les différentesconstitutions & les usages desgouvernemens.Un édifice Turc nedoit pas être distribué comme un édifice Chinois ou François, niun bâtiment construit fous la Ligne, comme s’il étoit élevé dans leNord, 11 y a une Architecture locale, ou plutôt un arrangement
(a) Liv. i, de offic. n,
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