l8 DE LA DISTRIBUTION"
d’étiquette, relatif aux diíférentes températures du fol, íur-tout parrapport au plus ou moins de percés. D’ailleurs, ces objets ne sontque particuliers, & il n’est question ici que de regards générauxfur ce qui constitue l’ensemble des Villes.
Quant aux Villes riches & d’une certaine grandeur, telles quedes Capitales, je ne pense pas qu’il soit absolument nécessaire deles environner de fortifications. Tl fuffiroit à l’aide, ou du canaldont il a été question , ou d’un fossé suffisamment large, faisantautour une circonvallation , de les mettre à l’abri d'un coup demain, & qu’on ne pût, soit y entrer, soit en sortir sans qu’on s’enapperçut : car de la maniéré dont on aífiége aujourd’hui les Villes,en les réduisant en cendres, il n’y en a point d’imprenables : de-làil s’ensuit qu’une Cité opulente & fortifiée, lorsqu’elle est assiegee,fe trouve ruinée en peu de jours, ou qu’elle est obligée, pour pré-venir fa destruction, de se rendre dès les premiers coups de canon.De plus, lorsqu’elle est prise, l’ennemi qui n’a pas le même intérêtque son Souverain à la ménager, en fait une placex d’armes, & ysoutient des fiéges qui achèvent fil ruine : voyez ce qui est arrivéaux Villes de Prague, de Dresde & de Castel pendant la derniereguerre. Si ces Villes n’avoient pas eu de fortifications, l’ennemi n’au-roit fait qu’y passer, & ne les auroit pas abymées, comme ellesPont été. II suffit donc de mettre une grande Ville à couvert dePin fuite d’un parti de troupes légeres, & voilà tout. C’est le nom-bre & le courage de ses habitans, qui doit faire fa force : il fautfaire enforte de graver dans tous les cœurs l’amour de la patrie ,& que chaque citoyen puisse dire, à l’exemple des anciens Spar-tiates, en mettant la main fur fa poitrine , voici nos remparts.