12. d s la Distribution
trois étages, & de les terminer , soit par des terrasses avec desbalustrades , soit par des toits plats avec des chenaux le long desfaçades des bâtimens , fans égouts ni gouttières du coté de la voiepublique.
Dans les pays septentrionaux, on prétend qu’il faut de toutenécessité tenir les toits très-élevés & très-roides, de crainte quela neige ne les surcharge, en s’y arrêtant. Cependant si on y faitattention, on remarquera qu’on agit fans cesse contradictoirementà cette opinion. En France, par exemple , on est dans l’usage defaire des toits à la mansarde qui ont le même inconvénient queles terrasiès : car le faux-comble qui couronne ces toits, ressembleà un glacis, tandis que la pente du chenau jusqu’k l’égoût est in-clinée comme un talut : d’où il résulte que la neige qui séjour-nèrent sur la terrasse & le toit plat, ne séjourne pas moins fur lefaux-comble que nous admettrons. Cette observation fait voir quela prévention contre les toits plats est mal-fondée, & qu’au sur-plus pour obvier à tout inconvénient par rapport au poids de laneige, il suffiroit d’avoir l’attention, pour ne la pas laisser amas-ser cn trop grande quantité, dc balayer successivement le defíusdes toits plats ou des terrasses, comme l’on fait, le devant de famaison.
Les eaux des terrasses ou des combles étant conduites par deschenaux & des tuyaux directement jusques fur le pavé, il s’ensui-vroit que le peuple & les denrées que l’on transporte, ne seroientplus inondés, comme k l’ordinaire, par une eau sale & mal-pro-pre, provenant de la lavure des toits. Les gouttières ne dégradantplus les joints des pavés, les eaux cesser oient de miner les fonde-mçns des maisons. II arriveroit encore que, lorsqu’il sait de grandsvents, ou que l’on raccommode une couverture, on ne courre-roít aucun risque, en passant dans la rue, d’être écrasé par la chuted’une souche de cheminée, ou estropié par une tuile ; quand ilen viendroit par hasard à tomber, l’un & l’autre seroient retenuspar le chenau, & il n'en résulteroit aucun accident.