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Mémoires sur les objets les plus importans de l'architecture / par M. Patte ...; ouvrage enrichi de nombre de planches gravées en taille-douce
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vicieuse des Villes.' 23

Je dirai par la suite comment, à laide dun certain arrange-ment, il seroit aisé dempêcher les eaux des ruisseaux de sétendreassez, soitpour incommoder le passage des habitans, soit pourentrer dans les boutiques & les maisons, à cause des fréquentesissues qu'ils auroient dans les égouts.

Quoique jaie banni les portiques le long des rues , je pensecependant qu'ils pourroient être employés avantageusement aupourtour des Marchés & des Halles, pour mettre à couvert lesdenrées. En en pratiquant trois rangs, celui du milieu serviroit depassage aux Acheteurs, & les deux des côtés seroient destinés auxMarchands. Dans les autres places publiques, il suffiroit de mettredes bornes, comme ci-devant, à une certaine distance des mai-sons, afin que la voie du peuple fût fans cesse différente de celledes voitures.

Pour lagrément dune Ville , je serois davis que lon plaçâttoujours les boutiques des Marchands en vue le long des rues,cela lui donneroit un air de vie & seroit spectacle (a). II sen fautbien que tous ces magasins situés au fond dune cour, & lonarrive, soit par une allée, soit par une porte cochere, ainsi quon

( a ) Je ne puis m'empêcher de dire un motfur les enseignes saillantes 8c pendantes cjuidéfigurent les rues de la plupart des grandesVilles. On a réformé cet abus dans quelques-unes, entrautres à Paris, mais lon na fait leschoses qu a demi. Il eut fallu également fairemain-baik fur tous ces auvents de forme go-thique, 8c de toutes fortes de hauteur. On nepeut disconvenir que leur effet ne soit plus cho-quant, Sc ne fasse une forte d'injure aux yeux.Si les rues de la plupart des Villes étoient mieuxallignées , leur déíectuosité seroit encore plusfeniible. Ils défigurent les maisons par leurfaillie , ôtent le jour des boutiques, 8c offus-quent la vue des croisées des premiers étages.Je ne sache que Lille en Flandres lon aitapporté quelque attention à cet égard. Les au-vents ont trois à quarte pieds de faillie, 8c fontcomposés dun châssis de bois, fut lequel estclouée une toile cirée : ils font amovibles Sctournent fur des gonds : le jour on les levé, Scon les tient en respect avec des cspeces de cro-

chets : à la nuit on ôte le crochet, Sc ils retom-bent k long des murs.

Pour concilier lemhellissement des rues aveclintérét des habitans, il conviendroit de subs-tituer fur le devant de la fermeture des bou-tiques, des chaffis à verre Sc à coulisse , qui lesmettroient à labri des injures de l'ait- íeroit-ilbeau tems ! on les ouvrnoit Viendroit il àpleuvoir, ou à faire du vent ì on les fermeroit.Cet usage a lieu à Londres, 8c l'on sen trouvetrès-bien. Au dessus de ces châssis, à-peu prèsà la hauteur des planchers, les Marchandspourroient mettre des plafonds, qur leur íer-viroient denfeignes, mais aux conditions deleur donner au moins onze pieds délévation, 8cdix-huit à vingt pouces de hauteur, fur un piedau plus de faillie vers le haut. Alors lien nof-íufqueroit plus la vue des maisons ; on jouiroitde lagrément de lallignement des rues, 8c enappliquant les lanternes le long des murs, posi-tion que j ai démontré ailleurs être la plus avan-tageuse, rien ne mertroit dobstacle à leur clarté.