26 DE LA DISTRIBUTION
auroit qu’h creuser la terre au-dessous du pavé d’un pied de pro-fondeur, remplacer cette terre par huit ou neuf pouces de grosgraviers bien battus à la demoiselle , puis répandre un lait dechaux fur fa surface pour rendre cette masse encore plus com-pacte, & enfin mettre une couche de trois ou quatre pouces duMeilleur fable de riviere, pour faire la forme du pavé & garnirfes joints. Certainement cette façon d’opérer le pavement, seroitbeaucoup plus solide qu’k l’ordinaire, & formeroit un tout pres-que inébranlable, dont même la fermeté augmenteroit k raisonde sa pression. 11 s’ensuivroit delk qu’on ne verroit pas, ainsi qu’onen est témoin continuellement, la terre en se délayant, s’échapperà travers les joints des pavés ébranlés par les voitures, & formerune boue auffi considérable (u). Alors disparoîtroient toutes lesinégalités occasionnées par la mauvaise aísiete du pavé qui, en
cédant plus ou moins, produit des trous où s’amaíTe l’eau.
Lorsqu’il seroit question de rétablir ce pavé , il n’y auroit pasbesoin de toucher k la masse de gros graviers, il suffiroit seulementde renouvelle! le sable de riviere qui se trouveroit défectueux.
Une autre attention qu’on dcvroit toujours avoir , cn repavantïes rues , ce seroit de s’attacher fans cesse k conserver le mêmeniveau : car par un abus qui n’est que trop ordinaire dans lesVilles , & auquel devroit veiller la Police, leur terrein va conti-nuellement en haussant. Pour en être persuadé, il n’est besoin quede remarquer qu’on est obligé de descendre dans la plupart desbâtimens anciens où l’on montoit autrefois : la raison en est qu’enfaisant la forme du pavé, on ajoute toujours plus de nouveau fablequ’on n’en emporte d’ancien, de forte qu’k la longue les maisonss’enterrent, & l’eau des ruisseaux y entre : ce qui est très-désagréa-ble, &rend singulièrement humide les rez-de-chaussée. II saudroit
(4) M. de Buffon prétend, dans le premier on remarquera que le mauvais fable dont onVolume de l'Hiftoire Naturelle du Cabinet du fait le plus souvent la forme des pavés, ainsiRoi, que le Frais étant un composé de glaise, que la terre détrempée qui reflue à travers dese réduit aisément en boue par le frottement, leurs joints, contribuent au moins autant a& cite à cette occasion , celle des rues de augmenter cette boue.
Paris j mais si l'on veut bien se rendre attentif,