vicieuse des Villes. 25
égard, tout se borne à faire perdre les immondices liquides dansles terres par des puisards, ou bien à faciliter leur écoulement pardes égouts souterrains. Les puisards, à cause de la filtration deleurs eaux , minent peu à peu les fondations des maisons qui lesavoiíinent, les rendent mal-saines & humides : de plus ils altèrentl’eau des puits d’alentour, & lorsqu’il faut les nettoyer ou les dé-gorger , ils infectent tout un quartier. L'écoulement des eauxmal-propres par le secours des égouts placés au milieu des rues,n’est pas moins préjudiciable. Leur éloignement fait que ces eauxfont obligés de parcourir à découvert dans les ruisseaux , unchemin considérable avant d’y arriver , d’où il résulte qu’ellesincommodent journellement le long de leur passage. Outre cela,ces égouts débouchent dans les rivières qui fervent de boisson auxhabitans , lesquelles deviennent par ce moyen le réceptacle com-mun de tous les cloaques.
Les ordures qui ne peuvent pas s’écouler, font balayées ôcamassées en tas le long des maisons , pour être transportées dansdes voitures au-debors de la Ville ; c’est ainsi que cela se pratiqueà Paris. Delà des embarras extraordinaires : une infinité de tom-bereaux laies & dégoutans parcourent chaque jour les rues &arrêtent la circulation des voitures : souvent les Charretiers en leschargeant, éclaboussent les passans. Rien ne sçauroit être plus malconçu, plus incommode, & plus dispendieux que cet arrange-ment.
II y a même des Capitales que l’on nettoyé fort rarement. Lesrues de Madrid , il n’y a pas long-temps , n’étoient appro-priées qu’une fois par mois. Le jour désigné pour cette opération,personne ne sortoit de sa maison : on lâchoit dans la Ville, dedissérens réservoirs, une quantité d’eau considérable, ce qui fai-soit des rues autant de mares. Trois ou quatre cens balayeurs avecde l’eau jusqu’à mi-jambe , armés de pêle & de balais , grattoientle sol des rues, assembloient les ordures non liquides, les char-geoient dans des tombereaux qui les suivoient, pour les porter