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Théorie de l'aménagement des forêts / par M. Noirot-Bonnet
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32 DE L’AMÉNAGEMENT

forestière, et qu’elle appartient à l’économie pu-blique ou privée. Demander s’il vaut mieux laissergrossir uneprogressiond’inlc'rêts que de percevoirinstantanément l’accumulation déjà opérée,pourl’appliquer à nos jouissances ; c’est demander s’ilvaut mieux épargner un revenu que de le consom-mer: cette question est oiseuse, ou plutôt elle man-que d’objet.Les notions les plus élémentaires de l’é-conomie politique, nous dirons meme, celles desimple bon sens , nous apprennent qu’un pro-duit épargné est toujours une richesse acquise.J1 est évident, en thèse générale, qu’il vaut mieuxcréer des hiens que de consommer ceux que l’onpossède, et, parlant, qu’il est plus avantageux delaisser s’agglomérer les produits annuels d’un bois,que de les recueillir, puisque de là doit résulterune augmentation de richesse.

Mais pour augmenter sa richesse, il est indis-pensable de se trouver dans une situation particu-lière : il faut jouir d’un revenu supérieur à ses be-soins ; il faut posséder un excédant de ressources.'Alors le propriétaire d’un bois peut laisser sonimmeuble progresser librement, jusqu’à ce qu’unbesoin extraordinaire se fasse sentir ; et si ce be-soin ne se manifeste point, jusqu’à ce que le ca-pital ait atteint la limite extrême de son accrois-ment; en d’autres termes, jusqu’à ce que le boissoit arrivé à l’état de futaie sur le retour.

Ainsi, à s’en tenir à ce premier point de vue,les bois des propriétaires riches devraient être